Le Musée des Beaux-Arts de Tours a montré ces dernières années qu’il savait extrêmement bien sélectionner les thèmes de ses expositions temporaires, lui offrant une vitrine bien au-delà de l’Indre-et-Loire ou des cercles parisiens. L’établissement municipal cultive par ailleurs son art du pas de côté en allant explorer l’univers derrière les grands noms de la scène artistique.
C’est ce qu’il fait de nouveau avec « Au temps de Camille Claudel », parcours d’environ 90 œuvres, sculptures et tableaux, à visiter au rez-de-chaussée du bâtiment. Si l’on y trouve une dizaine de productions de la célèbre sculptrice née en 1864, le cœur du sujet c’est les autres. Les femmes qui ont travaillé à la même époque qu’elle (entre son arrivée à Paris en 1880 et son internement en 1913).

Dans cette période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, les femmes artistes n’étaient pas légion. Les sculptrices encore moins. Au fil de l’exposition, on apprend par exemple qu’elles n’étaient pas admises à l’Ecole des Beaux-Arts et devaient plus cher que les hommes pour apprendre les techniques artistiques. On découvre également que les sculptrices n’étaient pas présentées comme telles après leur décès, plutôt dépeintes comme « sans profession », signe supplémentaire du peu de considération qu’on leur portait.
Alors que les œuvres d’artistes féminines sont extrêmement rares dans les musées des Beaux-Arts, et généralement minoritaires dans les expositions, ici la sélection est uniquement composée de créations faites par des femmes, certaines remarquables comme ce nu en marbre de 1 200 kilos réalisé par Marguerite Syamour.

Coproduite avec le Musée Camille Claudel de Nogent-sur-Marne, l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Tours compte essentiellement des œuvres prêtées par d’autres établissements, rassemblant au total une vingtaine d’artistes. Elle est à voir jusqu’au 1er juin.




