Non, le bricolage n’est pas une affaire réservée aux hommes. Mais le cliché à la vie dure. Mélissa Cabo en a souffert. 20 ans que cette Tourangelle est dans le secteur du bâtiment mais elle a parfois dû prendre ses distances pour assurer son bien-être : « C’est un milieu hyper sexiste. Quand j’ai commencé, je n’avais pas les épaules pour gérer tout ça donc je me suis un peu orientée vers autre chose dans des petits ateliers de création de meubles avec des femmes, un environnement plus doux. »
La passion du chantier ne l’a jamais quittée et aujourd’hui elle a trouvé le modèle qui lui permet d’en vivre en tordant le cou aux préjugés : elle travaille exclusivement pour des femmes, soit en tant que cheffe de chantier, soit comme coach pour leur apprendre à réaliser des travaux toutes seules.
« En en parlant autour de moi, les femmes sont venues aussi me dire qu’elles avaient eu des mauvaises expériences, qu’elles avaient eu des comportements gênants quand elles avaient reçu des artisans chez elles, et je me suis dit que c’était vraiment le moment d’ouvrir une structure pour leur apprendre à bricoler, que ça soit safe, dégommer les stéréotypes de genre et surtout leur dire que c’est possible d’apprendre dans un endroit qui est sécure » raconte la mère de famille de 42 ans.
Voici donc l’histoire des Bricoleuses Tours. « C’est surtout pour monter en compétences, parce qu’elles pensent qu’elles ne sont pas capables, mais tout s’apprend. Par exemple, le dernier coaching que j’ai fait, on a posé du papier peint qui traînait depuis 10 ans parce qu’elle pensait ne pas pouvoir le faire, on a fait un joint de salle de bains, accroché le luminaire qui traîne depuis 2 ans et mis une petite étagère qui traînait là depuis 6 mois. »
Pour chaque projet, Mélissa vient avec son matériel, et en 2h elle assure qu’on peut déjà faire pas mal de progrès. « Les femmes qui m’appellent ont envie et prennent du plaisir. Après, je ne force personne à bricoler, et si vous n’avez pas envie, ne bricolez pas. Mais en tout cas, il y a une forte demande de femmes qui ont envie d’apprendre, qui ont envie de faire par elles-mêmes et de ne pas attendre que quelqu’un le fasse ou d’être dépendantes de quelqu’un » explique celle qui s’est formée avec son papa, lui aussi pro du BTP.
Grâce aux réseaux sociaux, Les Bricoleuses Tours démarre bien. Mélissa Cabo espère prochainement compléter son offre avec des ateliers collectifs. La Tourangelle s’est spécialement formée pour en animer. « J’ai un contact qui est assez facile, donc tout de suite on se sent bien accueilli et on discute, et j’ai l’impression d’être face à une copine » confie-t-elle.




