En France, le prix du train fait l’objet de nombreux commentaires. Il serait trop élevé, et pas forcément apte à nous dissuader de prendre la voiture, voire l’avion sur certaines distances. Des arguments confirmés par l’actualité : la SNCF vient d’annoncer une hausse des tarifs TGV d’1% pour 2026. C’est moins que l’inflation, mais cela reste une hausse. De plus, l’association FNAUT a récemment publié une étude expliquant que le tarif moyen d’un voyage en TGV Inoui avait bondi de 4% de 2017 à 2023, et +73% pour les trajets en Ouigo (l’offre low cost de la grande vitesse).
Autre motif de mécontentement : la nouvelle progression des abonnements. Dans un communiqué, l’association des navetteurs du TGV Tours-Paris dénonce une hausse des cartes permettant de faire de très nombreux voyages entre la Touraine et la capitale. Dernier prix affiché : 409€ contre 315€ en 2023, et jusqu’à 633€ pour la version Max Actif Plus avec le moins de restrictions (+30% en 3 ans).
Les représentants des abonnés dénoncent aussi les prix des billets occasionnels, ceux-là même que la SNCF annonce faire progresser d’1% en 2026 : « Un simple aller-retour en TGV représente plus de 10% d’un SMIC, un tarif dissuasif pour de nombreux ménages et incompatible avec l’idée d’un train accessible au quotidien. »
10% d’un SMIC, vraiment ? Depuis le 1er janvier, le salaire minimum est de 1 443€ nets par mois, donc ça ferait un billet de train à 144€. En effet, ça fait très cher : en gros 1€ la minute, le prix d’un appel à un numéro surtaxé quand on vote pour soutenir un candidat de la Star Academy. On a voulu vérifier cette affirmation en allant sur le site SNCF Connect.
Pour cette expérience, on a pris un profil sans carte de réduction, et pour une personne ayant entre 26 et 59 ans. Donc vraiment quelqu’un qui payera plein pot. Et on a choisi une période de pointe : départ le vendredi et retour le dimanche en fin de journée. Le tout en dernière minute. En 2e classe, le tarif le plus cher est à 48€ en seconde classe pour un train à 17h28, 67€ pour le retour à 16h43 le dimanche depuis Paris Montparnasse, 61€ à 19h19.
Résultat ? Une addition entre 109 et 115€. Un prix élevé, à n’en pas douter, mais en dessous des fameux 10% du SMIC. Et surtout, il est possible d’avoir un total moins salé avec d’autres horaires. Toujours sans réduction, on a trouvé une combinaison à 60€ l’aller-retour pour ce même week-end du 16 au 18 janvier. Répétée sur d’autres dates, y compris des carrefours de voyages comme les vacances, l’expérience a donné des résultats similaires.
Conclusion : oui, sans carte de réduction et en prenant des options comme une souplesse d’échange et la première classe, un aller-retour Tours-Paris en TGV peut faire s’envoler la facture. Cela peut choquer, la ligne demeurant d’ailleurs la plus chère, voire l’une des plus chères de France (jusqu’à 29 centimes le kilomètre dans notre calcul, alors que la moyenne nationale est à 11,1 centimes sur TGV Inoui). Néanmoins, avec des cartes de réduction ou une souplesse horaire on peut faire tomber la note à 60€ l’aller-retour, soit 13 centimes du kilomètre, voire même parfois 40€.




