Avoir besoin d’un rendez-vous chez le médecin. Appeler. S’entendre dire qu’il n’y a pas de dispo avant une semaine / que le cabinet ne prend pas de nouveaux patients. Une routine pour beaucoup de monde en Touraine, forçant souvent à se replier sur SOS Médecins ou sur les urgences, avec également de longues attentes.
Ces difficultés sont illustrées par une étude de l’INSEE. D’après l’institut national de la statistique, la région Centre-Val de Loire comptait 1 665 libéraux en 2023 soit une baisse de 17% depuis 2015. Cela représente 340 docteurs en moins en 8 ans sur les 6 départements du territoire. Résultat : 35% de la population vit dans une zone sous-dotée.
Ainsi, en moyenne, les habitants du Centre-Val de Loire ont accès à 2,9 consultations par an avec un ou une généraliste, quand la moyenne nationale est à 3,8. Une satisfaction pour la Touraine : elle propose 4,1 consultations par an en moyenne, juste au-dessus du seuil qui considère qu’un département est bien doté. Stable depuis 2015, le chiffre cache quand même pas mal de disparités, en zone rurale comme en ville. C’est notamment pour cela que ces dernières années des initiatives sont nées pour salarier des médecins en zone difficile (comme à Tours ou St-Pierre-des-Corps).
Ce qui inquiète aussi, c’est que les médecins de la région ont en moyenne 52 ans, donc qu’ils s’approchent de la retraite. Et seule la moitié des élèves sortant de la fac de médecine de Tours exercent ensuite sur le territoire du Centre-Val de Loire. « Le Centre-Val de Loire est une des dernières régions en termes de nombre de médecins diplômés dans leur région d’étude, loin derrière l’Île-de-France » indique l’INSEE, espérant que l’ouverture d’une fac de médecine à Orléans finisse par arranger la situation. Mais il faudra encore attendre de longues années.




