Comment l’Indre-et-Loire renforce sa prévention face à la menace des feux de forêt

« Le risque incendie n’est plus seulement limité au sud de la France », comme l’a évoqué Thomas Campeaux, préfet d’Indre-et-Loire. C’est le message porté en ce début de mois de juillet par la préfecture d’Indre-et-Loire, le SDIS37 et le Département qui présentent l’ensemble du dispositif relatif à la prévention des feux de forêt.

La saison des incendies, qui durait jusqu’à maintenant trois mois, s’étend désormais sur près de la moitié de l’année avec des feux de plus en plus précoces. Le Centre-Val de Loire fait toujours partie des régions exposées à ce risque, au même titre que le Nord-Ouest ou la Bretagne. Dans notre département, les massifs de Chinon et de Bourgueil ont déjà été classés à risque. Le préfet a engagé une réflexion avec les collectivités pour en classer d’autres dans les prochains mois avec une échéance annoncée début 2027.

Les chiffres locaux confirment cette tendance. En 2025, 147 départs de feux de végétation ont été recensés dans le département, pour un total élevé à 148 hectares brûlés. Pour l’été 2026, il a déjà été intense avec 54 interventions menées pour la seule période du 22 au 29 juin pour 61 hectares partis en fumée. Les feux de récolte et de chaumes restent les plus destructeurs en termes de surface. Sur la seule journée du 7 juillet, le SDIS était à 17 départs de feu et une moyenne de 12 par jour.

L’autre chiffre à retenir : neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine, volontaire ou non. Et 80 % d’entre eux se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations, souvent par imprudence. Les causes les plus fréquentes sont : les mégots, les barbecues mal maîtrisés ou éteints, voire les travaux agricoles.

Le département découpé en trois zones

La nouveauté cette année est ce découpage du département en trois zones. L’avantage de cette mesure est de pouvoir placer ces secteurs à des niveaux de danger différents. Pour donner un exemple, le secteur ouest peut être classé en risque « sévère » pendant que les deux autres secteurs restent en « faible à modéré ». L’objectif de cette mesure est de pouvoir coller au plus près à la réalité du terrain et éviter de pénaliser les agriculteurs. Une application est annoncée pour recevoir les alertes commune par commune et suivre les différentes restrictions.

Onze caméras et de l’intelligence artificielle

Pour gagner du temps précieux lors d’un déclenchement d’incendie, le Département mise sur les nouvelles technologies. Onze points hauts (châteaux d’eau, pylônes et autres) ont été équipés de caméras intelligentes qui surveillent les différents massifs à 360 degrés. Ce système est capable de repérer un départ de feu en moins de trois minutes, avec moins de 10 % de fausses alertes.

Après sept sites tests en 2025, six caméras supplémentaires viennent d’être mises en service en juin 2026 pour porter la couverture à 95 % des massifs du département. Un investissement s’élevant à près de 1,8 millions d’euros, partagé par le Département et l’État. Pour démontrer son efficacité, la caméra basée vers Amboise a su détecter trois déclenchements dans le département du Loir-et-Cher, ce qui a permis d’alerter nos voisins, selon le préfet et le SDIS.

Côté moyens humains, le SDIS37 s’appuie sur près de 350 sapeurs-pompiers sonnés et 2 000 volontaires, répartis dans les 69 centres de secours du département.

Niveau véhicule, on dénombre 24 véhicules feu de forêt disponibles dans le département. Selon le SDIS, le problème est le manque de formation de ces hommes et femmes avec environ 15% des effectifs ayant l’habilitation à intervenir sur des feux de forêt. Un plan de formation a également été annoncé par le préfet. La stratégie du SDIS est d’attaquer vite et fort. Dès ce lundi, deux dispositifs préventifs ont été positionnés dans les massifs du Bourgueillois et du Chinonais de 13 heures à 19h, prêts à intervenir sur le moindre feu.

Les pompiers ont tenu à rappeler que la mesure la plus efficace est le débroussaillement lors de l’hiver. Autour des habitations situées dans ou à proximité des massifs classés, c’est obligatoire dans un rayon de 50 mètres. L’idée n’est pas seulement de protéger son logement, mais également de permettre l’accès aux sapeurs-pompiers parfois bloqués par des porches ou autres éléments. 

Antoine Jaillet

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