samedi 28 janvier, 2023

DEPARTEMENTALES : Droite-gauche, le match des jeunes

Pour mettre en lumière leurs divisions, les jeunes militants UMP, UDI et MJS d’Indre-et-Loire ont organisé un débat à quelques jours du premier tour de ce 22 mars.

Des idées pour le département, et rien que des idées. A deux-trois détails près. Adversaires dans la campagne pour la conquête du futur Conseil Départemental, les jeunes militants UDI, UMP et socialistes se sont retrouvés Place Jean Jaurès jeudi dernier pour discuter de leur programme pour la Touraine, une initiative qu’ils avaient déjà prise lors du scrutin pour le parlement européen il y a un an. C’est l’occasion de comparer les idées des uns et des autres : les sortants de gauche qui défendent leur bilan et ceux de la droite et du centre qui le torpillent. Ca permet aussi de comparer les styles : d’un côté le PS énumère un catalogue de mesures assez hallucinant (74 ! parfois à la limite de l’indigestion), de l’autre l’UMP/UDI a choisi une dizaine d’axes forts et affuté son vocabulaire pour démontrer la mauvaise gestion actuelle du département par la gauche.

Premier round autour de la politique économique

Tout est une question de priorités. Au final voici comment on peut résumer le premier thème de débat abordé par les jeunes pousses de la politique locale. Quand l’UDI (via Mathilde Paganelli) regrette que le Conseil Général actuel soit le seul de France à avoir supprimé son Agence de Développement Economique, Jean-Baptiste Tresson des Jeunes Socialistes rétorque que la priorité des candidats de la majorité actuelle est de se battre pour l’emploi, via l’insertion professionnelle qui pourrait par exemple figurer comme condition sine qua non dans les appels d’offres de marchés publics. Il estime ainsi que 300 emplois par an pourraient être créés pour un coût d’1,2 million d’euros (4000€ par poste) en s’appuyant sur un partenariat avec Pôle Emplou ou des dispositifs existants comme Cap Parrainnage dans l’est du département où des chefs d’entreprises accompagnent des demandeurs d’emploi dans leur recherche : « ça permet 50% de retour à l’emploi en plus » affirme le jeune homme. 

De son côté, l’union de la droite et du centre parie sur un redéploiement des moyens : 12 postes à la communication ? « A la place on pourrait faire une grande campagne de communication comme « I Loches You’. On l’a vue partout, même au Mc Do où je travaille alors que c’est une petite ville ! ». Autre proposition de Mathilde Paganelli : « vous voulez inciter l’installation d’associations aux Deux Lions. De l’associatif, on en fait déjà beaucoup. On pourrait plutôt encourager l’installation de commerces ou d’un bistrot pour faire vivre le quartier ».

L’indre-et-Loire a-t-elle besoin de 12 archéologues ?

L’une des attaques préférées de l’opposition dans cette campagne départementale, c’est celle qui concerne les 12 créations de postes d’archéologues au sein du Conseil Général alors que seuls 3 postes sont consacrés au développement économique. Dans la salle, un candidat de St-Pierre-des-Corps vient alors à la rescousse des jeunes PS : « Ces postes sont justifiés car l’Indre-et-Loire est le deuxième département avec le plus de foncier bâti derrière Paris. Leur présence permet de faire des fouilles préventives et des économies sans passer par le privé ce qui coûterait deux fois plus cher. Ca a notamment servi pour les travaux archéologiques le long de la ligne de tramway. Et ça garantit aussi l’existence du musée de la Préhistoire du Grand Pressigny qui vise à rayonner nationalement ». Une tirade qui n’a pas suffi à convaincre les attaquants qui trouvent par ailleurs que les 20 postes de conseillers politiques pourraient être supprimés sans soucis.

Prêts à recourir au privé pour les fouilles, les jeunes UMP/UDI ont en revanche un sérieux problème avec les partenariats public-privé défendus par la majorité actuelle de Frédéric Thomas. Notamment concernant les collèges pour lesquels ils privilégieraent une maîtrise d’oeuvre interne. Le fait que ces PPP aient été rendus possibles par la droite comme l’a rappelé le PS n’a pas découragé Alexandra Robert (présidente des Jeunes UMP 37) qui a pointé un autre point faible de la politique actuelle sur les collèges : « Nous sommes contre les fermetures autoritaires de collèges comme Pasteur et Paul Valéry. Vous préférez fermer des établissements que de les rénover. Pour une meilleure pérennité des collèges, il faut engager un rapprochement avec le primaire ».

En clair, la droite n’exclut pas de fermer des établissements si nécessaire. « C’est plus un désaccord sur la forme que sur le fond… Ces deux fermetures étaient justifiées car il y avait un manque d’investissement sur le bâti et des enseignants. Nous voulons des collèges mixtes socialement » soulignent les socialistes en conclusion.

Olivier COLLET

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