Tours

La Touraine compte sur elle pour une médaille aux JO de Rio en août

La kayakiste Sarah Guyot est très attendue sur le bassin olympique. Rencontre.

Avant de s’entraîner sur l’eau, c’est à vélo qu’elle arrive au Pôle Nautique du Cher de Tours. Détendue, en vacances, au premier abord on ne dirait pas que Sarah Guyot prépare la plus grande compétition du monde, le seul véritable moment où les projecteurs médiatiques sont largement tournés vers sa discipline car on sait que les Français y sont bons et que le canoë-kayak permet souvent aux tricolores de figurer sur les podiums. Si, au moins pour l’instant, la jeune femme de 25 ans ne transpire pas le stress, c’est aussi parce qu’elle sait à quoi ça ressemble des JO. En 2012, elle était déjà à Londres. Cette fois, c’est pour le Brésil que la Tourangelle s’envolera avec tout un club, toute une ville, et une région derrière elle.

De retour de stage et à Tours pour quelques jours, Sarah Guyot confie être « un peu fatiguée », en phase de récupération avant d’entamer le dernier cycle de préparation des JO qui comporte notamment les Championnats de France sur 4 jours fin juillet : « bien sûr que l’objectif c’est le titre mais c’est secondaire par rapport aux jeux. Je ne serai pas encore à mon top niveau mais plus très loin. Je suis vraiment dans une bonne année puisque j’ai refait mon meilleur chrono il n’y a pas très longtemps. »

Auréolée d’une bonne performance en Coupe du Monde, la kayakiste du CKCT analyse : « je sais ce que j’attends de moi, je ne sais pas si j’y arriverai… » Son objectif : repartir du Brésil « avec zéro regrets. » Participer à la finale sera un minimum, la médaille est clairement en ligne de mire : « j’y vais pour la performance. » L’avantage, c’est que Sarah Guyot connait le bassin et y a déjà gagné : « je l’ai testé l’an dernier. C’est un bassin hors normes avec de l’eau salée, beaucoup d’algues, les buildings autour… Mais je me sens bien dans l’eau de mer. » Par ailleurs, l’athlète qui s’envolera le 10 août pour une entrée en compétition le 15 (finale le 16) aura un bateau tout neuf, « plus rigide », très semblable à celui qu’elle utilisait jusqu’ici mais réglé de quelques « demi-centimètres » ces 15 derniers jours pour l’optimiser. A l’heure où l’on écrit ces lignes, il vogue dans un container vers l’Amérique du Sud…

On la sent impatiente d’en découdre, Sarah Guyot. Mais aussi concentrée : « je connais l’ambiance olympique, ses travers, la foule, toutes les sollicitations qui existent… Je sais comment je vais les gérer, en diminuant les échanges avec l’extérieur les jours de course. Je serai dans ma bulle mais sans me fermer complètement car je suis par exemple très présente sur les réseaux sociaux. Mais il va aussi falloir s’habituer à la foule dans les tribunes, ça va être intense. » D’autant que la kayakiste tourangelle n’aura que quelques jours pour se préparer avant de courir son 200m : « ça va aller très vite, on sera dans le bain direct, sur le bassin dès le lendemain. Il y aura les compétitions d’aviron mais on pourra s’entraîner lors de séances courtes sur des parties libres pour avoir les premières sensations. »

Olivier COLLET