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HAUT DE LA RUE NATIONALE : La fronde des commerçants

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Le chantier de requalification de l’école des Beaux-arts vient de débuter entraînant la fermeture du parking du jardin François Ier soit 130 places de moins. Les commerçants craignent un fort effet sur la fréquentation de leurs boutiques tandis que pour la mairie, les problèmes peuvent facilement se résoudre. Info-Tours.fr fait le point en détails.

« Ces travaux, c’est pire qu’un deuxième tramway » nous dit Nadia Malbec. Cette commerçante du début de la Rue Marceau est à quelques dizaines de mètres du nouveau chantier phare de la ville de Tours : la transformation de l’ancienne école des Beaux-arts en centre dédié à l’art contemporain, le CCC Olivier Debré. « Depuis une semaine, ils nous ont fermé 130 places de parking et les clients viennent moins. Ils nous disent en avoir marre de cette ville de Tours où l’on ne peut pas se garer ». Selon la vendeuse de vêtements vouloir faire du jardin François Ier un vrai jardin ça n’a tout simplement « pas d’intérêt ».

« Aujourd’hui, les parkings des bords de Loire sont pleins dès 8h du matin et les parkings souterrains sont saturés où proposent des places trop petites pour certaines voitures » poursuit Nadia Malbec. « Il faut laisser la liberté aux clients qui viennent de l’extérieur de Tours de venir se garer en ville. Il ne faut pas toujours penser qu’aux parkings relais ! En tant que cliente, je n’ai pas du tout envie de prendre le bus ou le tram avec tous mes sacs ». S’estimant impuissante, la commerçante propose une solution, inspirée de Blois : « un parking à 3€ la journée le week-end soit 24h de stationnement. Beaucoup de gens viennent dans cette ville pour faire leurs courses parce que le parking n’est pas trop cher. Il ne faut pas oublier que les commerçants font vivre la ville ».

L’Union des Commerçants également inquiète

Si, dans le centre-ville, tous les commerçants ne semblent pas partager l’avis de Mme Malbec (un de ses voisins affirme que pour lui rien n’a changé depuis le début du chantier), l’association Les Vitrines de Tours tient un discours proche de notre témoin : Jean-Jacques Hebras est son président : « Le projet en lui-même est une bonne réalisation mais il pose de nombreux problèmes avec la suppression de ces 130 places. Où vont aller les 44 abonnés du jardin ? Et à quel prix vont-ils se garer désormais ? On ne sait toujours pas si la FAC des Tanneurs acceptera que son parking soit utilisé. Noël arrive bientôt, puis il y aura les soldes et nous n’avons aucune solution. Les cafetiers et les restaurateurs vont aussi en souffrir car les jeunes qui venaient le soir pour sortir en ville ne trouveront plus à se garer… »

Il complète : « pourquoi avoir neutralisé tout le parking d’un seul coup ? Le chantier se faisant en plusieurs phases, la fermeture aurait pu être progressive ». De son côté la commerçante Nadia Malbec s’interroge sur deux autres points : « une fois les deux nouveaux hôtels construits, où iront se garer leurs clients ? Rien n’est prévu pour l’instant. On entend aussi dire que la Place de la Résistance va être fermée, ça aussi ça nous inquiète ». Pour autant, aujourd’hui, elle affirme qu’elle croit en la capacité de survie de sa boutique.

« Je suis déçu de Serge Babary. Qu’il n’oublie pas ses promesses d’hier… »

Ce qui agace aussi Nadia Malbec tout comme Jean-Jacques Hebras c’est le silence de la mairie : « Nos questions restent sans réponse. Je me souviens que quand le maire Serge Babary était président de la CCI nous avons combattu ensemble ces problèmes-là » détaille le représentant des commerçants du centre Tourangeau. « Il est forcément bien informé mais il ne répond pas à mes courriers. Qu’il n’oublie pas ce qu’il pensait hier, je suis un peu déçu… Certains commerçants se demandent si il est à la hauteur. Je veux bien croire que ce n’est pas simple mais je trouve que l’on oublie bien vite les commerces du cœur de ville. Une catégorie de la population ne prendra jamais le tram, d’autres n’aiment pas les parkings souterrains. D’ailleurs, dans plusieurs autres villes comme Blois, Nantes, Rennes ou Angers les mairies ont fait marche arrière sur le stationnement des voitures en centre-ville et élargissent leur offre ». A bon entendeur.

Olivier COLLET

La mairie de Tours répond

Ce mardi 28 octobre, l’adjointe en charge du commerce Céline Ballesteros a prévu de rencontrer les commerçants à 18h30 à la CCI pour une réunion qui s’annonce houleuse, si l’on se fie aux déclarations ci-dessus. En amont de ce rendez-vous, l’élue a souhaité répondre aux problèmes soulevés par les commerçants :

  • Dans un premier temps, Céline Ballesteros tient à préciser que les parkings du centre-ville sont aujourd’hui loin d’être saturés, que ce soit en surface (comme la Rue du Commerce) ou en sous-sol, contrairement aux affirmations de notre témoin. Elle semble même sous-entendre que l’exploitant s’inquiète de voir son chiffre d’affaire se réduire. Le parking Anatole France « enregistre un taux de remplissage à 50% de sa capacité. Nous travaillons en ce moment avec Effipark pour harmoniser leurs tarifs avec le stationnement de surface ». Ainsi, dès janvier 2015, les parkings souterrains proposeront une tarification au quart d’heure alors qu’aujourd’hui toute heure entamée doit être payée intégralement.
  • Concernant le parking François Ier, la mairie rappelle que pour l’instant seuls 6 abonnés sur 44 ont vu leur place supprimée et que, de toute façon, ces places étant louées, le propriétaire n’est pas tenu de proposer une solution de rechange en cas de rupture du bail, comme pour un garage.
  • A propos des inquiétudes des Vitrines de Tours en vue de l’affluence des fêtes, la ville ne s’inquiète pas : « il y a de la réserve de places, notamment au parking Anatole France. Pendant les 3 ans du chantier du tramway, je ne me souviens pas avoir observé une baisse de la fréquentation dans le centre à cette période… Il faut aussi arrêter de penser que les clients refusent de marcher. Les études prouvent qu’un piéton ou un cycliste consomme plus qu’un automobiliste car il vient plus souvent faire de petits achats »
  • Céline Ballesteros répond également aux bars et restaurants inquiets de la condamnation du parking François Ier : « il n’était pas exclusivement utilisé par les Tourangeaux qui sortent le soir un certain nombre de places étant utilisées à la journée ou à la semaine car les riverains bénéficiaient d’un tarif préférentiel. La disparition de l’offre restantd peut se reporter sur les parkings Halles ou Anatole France ou sur les places dans les rues alentour souvent libres le soir quitte à aller sur le Boulevard Béranger. C’est un peu plus loin mais si l’on veut vraiment fréquenter un établissement de la place Plumereau, 10 minutes de marche ce n’est pas dissuasif ».
  • L’élue se dit enfin intéressée par l’idée d’une tarification de stationnement à la journée à coût réduit néanmoins difficile à mettre en place à cause de la gestion privée des grands parkings.
Vitiloire
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