mardi 29 novembre, 2022

Prix de l’énergie : l’affolante hausse des charges pour des locataires tourangeaux

Une provision de charges mensuelle qui augmente de 130€ par mois : voilà ce que certains locataires du bailleur social Ligeris ont eu à avaler récemment à Tours. « Mon appartement T4 revient désormais à quasi 1 000€ mensuels » nous dit l’un d’eux. Et une autre : « Avec cette augmentation le coût de mon logement représente 60% de mon budget ». Visiblement intenable.

Ces chiffres sont liés à plusieurs facteurs : la hausse de la taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères, revalorisée en 2021 pour Tours Métropole. Mais aussi l’augmentation continue des prix de l’énergie, gaz et électricité en tête.

Entre +50 et +130% de hausses de chauffage pour Tours Habitat

Pour les particuliers cela peut donner des factures d’eau chaude multipliées par 5 mais aussi, parfois, de surprenantes progressions du poste de charges dédié aux ascenseurs. Pour les bailleurs, Tours Habitat nous indique que la facture chauffage du Sanitas (bois + gaz) est passée de 850 000€ à 1,2 million d’€ entre 2020 et 2021, avant donc l’explosion de début 2022 et celle induite depuis fin février par la guerre en Ukraine. Pour le secteur Europe-Châteaubriand à Tours-Nord (100% gaz) c’est même 630 000€ contre 275 000€ l’année précédente. Et encore, elle aurait pu atteindre 688 000€ sans le bouclier tarifaire de l’Etat. Voire plus sans la TVA réduite pour cause de recours au biogaz.

Les revalorisations sont telles que la grogne commence à monter. En particulier chez Ligeris, car la hausse moyenne de 15€ de charges par mois que l’on nous a communiquée cache de grandes disparités. Pour les autres grands bailleurs sociaux de l’agglo, le problème est moins lourd… pour le moment. Val Touraine Habitat dispose d’un contrat électricité négocié avant la crise et pas encore revalorisé, tandis que Tours Habitat anticipe l’effet des mesures de l’Etat pour ne pas trop pénaliser ses locataires (mais son directeur Grégoire Simon s’attend à de nombreux coups durs pour la rentrée).

Quelles solutions pérennes ?

Une fièvre qui a déjà gagné les associations de consommateurs… « Nous croulons sous les sollicitations » relève l’antenne tourangelle de la CLCV qui prend beaucoup de temps pour aider les locataires en difficulté : « Les bailleurs ont mis en place des échéanciers sur 5, 6 ou 7 mois sans trop discuter » relève sa présidente Marie-Claude Fourier. A Tours, l’adjointe au maire chargée du logement Marie Quiton indique pour sa part que le CCAS est mobilisé pour des aides ponctuelles.

Le problème c’est qu’on sait très bien que c’est seulement reculer pour mieux sauter : « On ne pourra pas contenir longtemps ces choses-là. L’eau et la taxe sur les ordures ménagères vont certainement augmenter également et les salaires ne progresseront pas en proportion, c’est évident » commente Marie-Claude Fourier de la CLCV. La ville de Tours se prépare donc déjà à augmenter le budget du Centre Communal d’Action Sociale en 2023 mais en appelle aussi à l’Etat pour un blocage durable des prix de l’énergie (il vient d’être repoussé au 31 décembre). L’élue Marie Quinton et le directeur de Tours Habitat Grégoire Simon plaident pour leur part pour une intégration du coût des charges dans le montant des allocations logement de la CAF qui ne prend actuellement en charge que les loyers.

Olivier Collet avec Mathieu Giua

Pour plus d’informations sur ce sujet, allez lire notre grande enquête sur 37 degrés.

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