[Ils l’ouvrent] L’hôpital de Chinon dans une crise d’ampleur

Labellisée amie des bébés, la maternité de l’hôpital de Chinon est très prisée par les parents qui désirent un accompagnement particulier pour l’arrivée d’un enfant. Mais depuis mardi 17 mai au soir, elle assure seulement les soins avant et après l’accouchement. L’activité naissance est suspendue jusqu’à nouvel ordre sur décision de la direction. Et c’est la même chose pour l’activité des urgences depuis mercredi matin 7h ainsi que celle du service hospitalisation de courte durée depuis lundi et au moins jusqu’au 30 mai.

La raison de cette vague de fermetures c’est une recrudescence d’arrêts maladie de la part du personnel médical et paramédical. Le motif : épuisement professionnel, en lien avec les conditions de travail. Les mêmes raisons qu’à Orléans ou qu’à Bordeaux, deux autres hôpitaux paralysés par un manque soudain de personnel disponible (Amboise est également en crise avec des fermetures des urgences nocturnes le week-end, mais cette fois à cause de postes vacants).

Selon la direction de l’établissement du Chinonais, les urgences vitales continuent d’être prises en charge en appelant le 15, puisque le SMUR continue de fonctionner pour les accidents de la route ou ceux survenant à domicile (même si il avait été annoncé comme suspendu dans un premier temps). Pour les autres soins, il faut se diriger vers les médecins généralistes ou les autres hôpitaux et cliniques du département, à plusieurs dizaines de kilomètres. Idem pour les accouchements, les femmes étant renvoyées vers l’établissement « de leur choix » avec possibilité de revenir à Chinon après coup en demandant leur transfert.

Cette situation est un calvaire pour les patients. Et si elle permet d’alerter sur les difficultés des agents, elle est vue comme une solution de dernier recours par le syndicat FO (qui appelle à manifester devant l’établissement ce jeudi à 14h) :

« Alors que les organisations syndicales et les soignants ont tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises ces derniers mois concernant les effectifs des urgences, la direction persiste à imposer des suppressions de postes et à ne pas remplacer les congés. Conséquence prévisible : l’épuisement des soignants est tel que de nombreux agents sont aujourd’hui en arrêt de travail sur décision de leur médecin traitant, du fait de l’inaction de la direction. »

A côté de ça, les agents de l’équipe paramédicale des urgences actuellement absents signent une lettre à leurs responsables : « Malgré plusieurs alertes qui ont été faites, vous restez sourd[s] à nos demandes et à notre souffrance. Nous continuons d’observer la dégradation de nos conditions de travail et par conséquent, la qualité de nos soins. L’ensemble du personnel est très peiné par cette situation et espère que vous saurez rapidement trouver des solutions. »

Les représentants du personnel ciblent également l’Agence Régionale de Santé et le gouvernement, accusés d’imposer des restrictions budgétaires. Selon eux, il faudrait immédiatement avoir 3 infirmières et deux aides-soignantes toutes les nuits, 1 infirmière en plus en journée, 1 agent de service hospitalier qualifié matin et soir 7 jours sur 7, 2 brancardiers et une secrétaire ainsi qu’un remplacement systématique des arrêts.

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