mardi 24 mai, 2022
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Philomène nage dans la Loire d’Orléans à Tours : un défi sportif et environnemental

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Orléans-Tours c’est une heure de trajet en train ou en voiture, une journée de vélo si on roule vraiment bien, un peu plus si on prend son temps. Sinon, on peut aussi le faire à la nage. Dans ce cas, comptez environ deux semaines de voyage. C’est en tout cas la durée prévue par la Loirétaine Philomène Le Lay qui a choisi de relier les deux plus grandes villes du Centre-Val de Loire à la force des bras et des jambes, le corps complètement immergé dans la Loire (avec une kayakiste à ses côtés afin d’assurer sa sécurité).

Quand on l’appelle, la jeune femme est en mode pause du côté de Blois parce qu’elle a avancé plus vite que prévu (jusqu’à 15km de nage par jour au lieu de 10). Un peu malade, mais motivée :

« Pour moi nager dans la Loire c’est être en immersion totale. Même s’il n’y a pas beaucoup de profondeur c’est un défi à part entière et c’est très pertinent pour se rendre compte des enjeux autour de la préservation du fleuve. »

Le voyage de Philomène a un nom : Projet Azur. En fait, la sportive n’a pas commencé son aventure à Orléans mais bien en amont. Et elle ne la terminera pas à Tours, mais au niveau de l’estuaire du fleuve en Loire-Atlantique… Avec une collecte de déchets à la clé. En fait son idée est de longer le plus long cours d’eau de France en parlant de sa biodiversité et du cycle de l’eau. Au fil de ses étapes, elle a donc visité des écoles et réalisé des fresques avec le public.

« Je constate qu’il y a une méconnaissance de la biodiversité sur la Loire, peut-être parce qu’elle est moins impressionnante que dans d’autres pays » explique Philomène Le Lay. « Je veux donc montrer qu’il y a de belles choses chez nous et qu’il faut prendre le temps de les regarder comme en ce moment le ballet des mouettes rieuses et des sternes naines. C’est un vacarme pas possible mais dans le ciel c’est superbe. On a beaucoup de migrateurs, des poissons et oiseaux avec des formes et couleurs très différentes. »

« C’est là que l’on constate l’intérêt d’un fleuve : l’eau c’est la vie et il faut en prendre soin. L’eau potable c’est seulement 1% de l’eau disponible sur la planète. On ne pourra pas désaliniser toute l’eau des océans pour boire donc si on ne se rend pas compte de l’importance de ces fleuves qui nous alimentent nous et à peu près tous les êtres vivants autour c’est dommage. Il ne faut pas attendre une sécheresse atroce où on aurait une Loire complètement vide, il faut aujourd’hui sensibiliser sur les problèmes comme les déchets plastiques tout aussi présents dans les fleuves que dans la mer. On fait partie de cette chaîne alors il faut la mettre en lumière. »

Un discours que Philomène Le Lay espère diffuser en racontant la beauté de ce qu’elle voit depuis son départ (malgré les difficultés liées à la météo, notamment les bourrasques de vent pendant la tempête Diego ou le froid qui l’obligeait à sortir de la Loire toutes les deux heures pour se réchauffer). « Le départ a été très difficile, on a même eu de la grêle mais maintenant avec le soleil c’est super » dit-elle.

Et sous ses yeux, c’est tout un écosystème qui s’épanouit :

« C’est vraiment hyper intéressant d’être au raz de l’eau, et de voir les choses d’un autre œil. On avance au rythme de l’eau et on peut prendre le temps. C’est un autre paysage, une autre dimension. »

Parmi les moments forts, « j’ai eu la chance d’observer pendant trois heures un balbuzard pêcheur, un beau spectacle. On a aussi les castors, les ragondins… » détaille Philomène avant d’enchaîner : « J’ai pu voir à quoi ressemblent les silures qui inquiètent beaucoup les gens. C’est la première question que les gens m’ont posée : ‘Mais comment vous faites avec les silures ?’ Il y avait vraiment cette inquiétude que je me fasse manger donc j’ai dû expliquer que ce n’était pas un animal mangeur d’homme. Même s’ils sont énormes et carnassiers, ils sont plutôt farouches donc ce n’est vraiment pas un problème pour moi. »

Vous pouvez suivre Philomène Le Lay sur son compte Instagram ou Facebook Projet Azur.

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