mardi 4 octobre, 2022

Temps Machine : l’agglo de Tours laisse sa chance à l’ASSO

L’association organisatrice du festival Terres du Son gérera la salle de concert de Joué-lès-Tours dès le 1er janvier 2016.

C’était devenu un secret de polichinelle et ce fut voté avec une immense majorité lors du conseil communautaire de Tour(s)Plus ce lundi soir (une seule opposition, 4 abstentions) : l’ASSO reprendra la gestion du Temps Machine de Joué-lès-Tours à partir du 1er janvier 2016 et pour cinq ans, prenant ainsi la suite de l’association Travaux Publics qui en assure l’actuelle direction depuis l’ouverture du lieu en 2011. Organisatrice du festival Terres du Son qui a accueilli 48 000 spectateurs lors d’une édition record l’été dernier, l’ASSO actuellement basée à St-Pierre-des-Corps se voit donc offrir une vitrine supplémentaire et permanente pour ses activités, alors que jusqu’ici elle se concentrait quasi exclusivement sur son événement estival de juillet.

Mais alors pourquoi ce choix ? Il faut savoir que depuis le printemps, trois candidats étaient en lice pour piloter le Temps Machine : l’ASSO, donc, l’actuel gestionnaire Travaux Publics et Béton Productions (Radio Béton). Les élus ont tenu à tous les remercier pour la qualité de leurs dossiers mais à la lecture des documents, il apparait clairement que le choix a été assez facile tant l’ASSO cumule les points forts d’après les conseillers communautaires, en particulier parce qu’elle prévoit de demander moins de subventions à Tour(s)Plus. Rien que pour 2016, elle accepte ainsi une baisse de subvention de plus de 10% à 380 000€ au lieu des 421 000€ versés en 2015 suivie de nouvelles baisses en 2017 et 2018 et de légères hausses en 2019 et 2020. Tout ça en promettant une programmation plus fédératrice.

Un festival Terres du Son d’hiver

Car c’est l’autre point fort de l’ASSO souligné par les élus : grâce à Terres du Son, un lien de confiance a été tissé avec les tourneurs permettant de faire venir des têtes d’affiches en juillet au Domaine de Candé de Monts. Le même objectif est désormais fixé pour le Temps Machine de Joué tout en promettant le maintien d’une attention particulière envers les artistes locaux et régionaux. Pour accroître la fréquentation de la salle, l’ASSO propose aussi de créer un Terres du Son hivernal à partir de 2017 (et ce dans plusieurs salles de l’agglo) et d’augmenter la part du budget dédiée à l’achat de concerts : 309 000€ par an. Pour faire des économies, elle propose des mutualisations avec ses actuels services afin de passer de 12 à 9,5 salariés pour faire fonctionner le lieu avec en sus une hausse des tarifs de la billetterie, un recours au mécénat et une démarche en direction des comités d’entreprises. Une politique qui sera régulièrement évaluée par le public et présentée chaque année devant Tour(s)Plus afin de l’adapter.

Sans mauvais jeu de mots, c’est donc un dossier en béton qu’a présenté l’ASSO face à Béton Productions et Travaux Publics qui ont eu plus de mal à maîtriser ce volet financier primordial pour l’agglo. Pourtant, sur 5 ans, la différence entre les subventions demandées par l’ASSO et celles réclamées par Travaux Publics n’est que de 80 000€. La différence se fait donc sur le chiffre d’affaire : Travaux Publics prévoyait 1,5 million d’euros, presque 2,8 millions d’euros pour l’ASSO. C’est moins que Béton mais avec également moins de subventions demandées, et c’est la somme des deux qui fait la différence.

Les élus socialistes très réservés

« L’ASSO proposera une démarche vraiment différente » milite le vice-président de l’agglo chargé de la culture Cédric De Oliveira qui veut lui laisser sa chance. Pour le Parti Communistee, Michèle Launay a pour sa part pointé un projet qui variait peu par rapport à celui présenté avant l’ouverture de la salle en 2008. Elu à Joué, Vincent Tison critique de son côté les conditions des négociations : « Tour(s)Plus prévoyait une baisse de subvention de 90 000€ (finalement réduite à -40 000€, ndlr) ». Il déplore aussi l’accent mis sur les têtes d’affiche : « on n’a plus besoin d’investir d’argent public pour elles, il y a les grandes salles pour cela. Notre rôle c’est de soutenir les artistes émergents. » Ce dernier point reste à l’ordre du jour, notamment avec les capacités d’accompagnement du Temps Machine.

En fait, tout dépend des artistes à qui l’on colle l’étiquette « têtes d’affiches » D’un côté, on peut légitimement se poser la question de la pertinence de recevoir des têtes d’affiche dans une salle de 600 personnes si elles ont l’habitude de jouer devant un public bien plus large. D’autant que des artistes reconnus ou qui ont fait la Une de plusieurs médias sont déjà dans la programmation du Temps Machine comme Feu ! Chatterton, Dominique A ou Jeanne Added (cette dernière étant d’ailleurs venue à Monts en juillet). De l’autre, on doit se souvenir de ce qui avait été dit après l’annonce de la programmation de la dernière édition de Terres du Son : on avait reproché aux organisateurs l’absence de grandes têtes d’affiches semblables à celles venues en 2014 pour le dixième festival. Et pourtant le succès a été au rendez-vous. Tous les espoirs sont donc permis pour les 5 ans à venir au Temps Machine. Et les amoureux de musique exigeante ne seront pas forcément déçus.

Olivier COLLET

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