samedi 10 décembre, 2022
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Le Temps Machine veut éveiller votre curiosité

La salle dédiée aux musiques actuelles de Joué-lès-Tours veut s’ouvrir encore plus, et notamment séduire les plus jeunes. Rencontre avec son directeur.

Sébastien Chevrier vient du Poitou. Arrivé depuis deux mois et demi en Touraine, il a été nommé directeur du Temps Machine de Joué et a de suite dû gérer un gros dossier : l’appel d’offres pour la gestion de la salle à partir du 1er janvier 2016 et pour les 5 ans qui suivent. « Ca a été des réunions pendant des jours et des nuits » nous raconte le jeune homme qui doit maintenant attendre l’automne pour savoir si l’agglo de Tours, qui délègue la gestion du site, valide son projet ou celui d’un des deux autres candidats : l’Asso (Terres du Son) ou Radio Béton. « J’ai voulu un projet co-construit. Notre principal atout c’est notre expérience et notre neutralité. »

En attendant, Sébastien Chevrier a du travail. Depuis sa prise de poste c’est un enchaînement de rendez-vous pour rencontrer les différentes structures qui travaillent avec Le Temps Machine, notamment sa bonne quarantaine de partenaires. Il lui faut aussi réfléchir aux options de programmation pour cette fin 2015. Et là, les idées ne lui manquent pas. Evidemment, l’axe choisi donne un aperçu de ce qu’il aimerait faire si son dossier plait à Tour(s)Plus.

Déjà 13 000 spectateurs à l’année… Et bientôt plus ?

« Ces derniers temps, je suis beaucoup sorti. Pour aller vers les gens » indique Sébastien Chevrier qui veut proposer « un projet plus varié, avec une politique axée sur le mieux vivre ensemble, à vocation sociale et économique ». Ca passe notamment par un objectif fixé par l’agglo de Tours : accroître la fréquentation de la salle « qui est actuellement de 13 000 personnes sur une année ce qui est au-dessus de la moyenne nationale des structures semblables qui est de 10 000 spectateurs » nous dit-il. Pour parvenir à ses fins, le directeur et sa douzaine de salariés permanents veulent notamment une programmation encore plus variée qu’aujourd’hui, qui brasse vraiment tous les styles et soit en capacité d’accueillir des têtes d’affiche. Cela dit, « Le Temps Machine ne sera pas une boîte à concerts ».

Ce que Sébastien Chevrier veut dire, c’est que la priorité de la salle jocondienne restera « un prescripteur et un soutien des artistes en développement » même si, pour accompagner cette partie de la programmation, il est conscient que faire venir des artistes du gabarit de Catherine Ringer, Deluxe ou Charlie Winston peut-être un beau coup de projecteur. Tout est une question de dosage.

« L’héritage des dernières années du Temps Machine est riche. Il faut maintenant le malaxer, le remanier le digérer » détaille Sébastien Chevrier pour nous préciser sa stratégie. Autre ambition : que les nombreux tourangeaux qui n’ont encore jamais mis les pieds sur le site soient suffisamment curieux pour s’y déplacer. « L’action culturelle va prendre davantage de place, par exemple en direction des jeunes. Nous allons faire plus de spectacles pour les familles, voire un festival. Nous organiserons plus souvent des actions hors les murs comme c’est déjà le cas au Musée des Beaux-Arts de Tours. Il faut aussi créer une porosité avec la danse ou le théâtre en collaborant avec le Nouvel Olympia, le 37e Parallèle, le Grand Théâtre… »

« Le Temps Machine a vocation à se mettre ‘au service de' »

Pour Sébastien Chevrier, le Temps Machine doit « s’ouvrir sur la ville et son territoire. Aller vers l’autre c’est notre responsabilité. » Le tout en continuant à être un lieu privilégié où les artistes peuvent développer leur créativité. Avec plus d’une centaine de groupes accueillis sur une année et des partenariats très actifs (Terres du Son, Jazz à Tours, Tous en Scène…), c’est un sacré vivier : « la scène locale est dynamique et de qualité. Nous allons poursuivre les soirées Tact qui lui sont dédiées, et même les amplifier. On ne peut juste pas tout faire d’un coup. D’autres lieux ont aussi leur rôle à jouer. »

« Le Temps Machine a vocation à se mettre ‘au service de’ » souligne encore Sébastien Chevrier qui prévoit pour les Journées du Patrimoine un grand week-end de portes ouvertes gratuit pour faire découvrir les coulisses du bâtiment au public et notamment aux habitants de Joué « qui passent devant tous les jours sans le connaître ». Il y aura donc des parcours décalés, un ciné-concert, des lives et, il espère, « une grande tablée populaire ». Et il parie qu’un tel événement fera grimper la liste des abonnés, aujourd’hui au nombre de 350. « C’est important de fidéliser le public, qu’il soit curieux. »

Dans ses objectifs, Sébastien Chevrier prévoit aussi une utilisation plus soutenue des particularités du bâtiment dont il veut « faire une force. » Bref, ces prochains mois, l’activité du Temps Machine va sensiblement augmenter (y compris les lundis, mercredis ou dimanches) quitte à faire une petite pause ensuite : « l’objectif, c’est d’être à plein régime en 2017 » nous glisse le directeur qui veut vraiment « sensibiliser les publics de demain » à cette diversité musicale sans limites qui le surprend chaque jour. Il donne notamment rendez-vous le 16 décembre pour une soirée consacrée à la nouvelle chanson française (Jeanne Added, Radio Elvis…), selon lui before idéal à la prestation de Dominique A prévue le lendemain à l’Espace Malraux.

Olivier COLLET

Des bus en fin de soirée ?

Le Temps Machine c’est bien. Mais quand la soirée se termine à 2 ou 4h du mat’ et que les transports ne fonctionnent plus, la salle a beau être au centre de Joué tout le monde ne peut pas forcément rentrer facilement chez-lui. Résultat : Sébastien Chevrier aimerait sérieusement réfléchir avec l’agglo à la mise en place d’un service de bus exceptionnel pour ramener les spectateurs sur Tours ou ailleurs… Mais pour l’instant rien de formel. A Tour(s)Plus, le transport en commun de nuit reste un sacré tabou…

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