Vie locale

A Tours, quelle mobilisation contre la loi Travail de Macron ?

Une manifestation partira de la Place de la Liberté mardi 12 septembre à 10h.

En 2016, quand il a fallu manifester contre la loi Travail (ou loi El Khomri) à la fin du quinquennat de François Hollande, Tours a fait partie des villes très remontées. Menée par les étudiants, la contestation a été massive et durable avec des défilés « classiques » mais aussi des opérations coup de poing (pour ralentir la circulation ou redécorer le siège du MEDEF en centre-ville).

Et aujourd’hui, qui va descendre dans la rue pour dire non aux ordonnances qui vont transformer le Code du Travail d’ici quelques jours avec le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif aux prud’hommes ou les nouvelles règles de négociations entre patrons et salariés dans les petites entreprises ?

Un appel à la grève à la SNCF ou à La Poste

Dans les enquêtes d’opinion, une majorité de Français y semble opposée. De leur côté, les syndicats et militants de gauche espèrent du monde sans s’attendre à une grande marée humaine. Revue des troupes à quelques jours du grand départ, fixé ce mardi 12 septembre à 10h Place de la Liberté

Stéphane Desplobin, CGT37 : « On a commencé à mobiliser les salariés dès cet été. Ça va arriver vite, les ordonnances doivent être validées dans quelques jours. En dehors de la réforme du code du travail, on s’oppose à la hausse de 1,7 point de la CSG qui met en colère les retraités. Les fonctionnaires se mobilisent eux contre le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie, le gel du point d’indice et les suppressions de postes. C’est toute une politique d’austérité qui est en marche. On compte bien changer les choses car si ces ordonnances passent, ça va dérouler derrière : sur la formation, l’apprentissage… On ne sait pas trop ce qu’il veut faire et ça risque d’être préjudiciable aux salariés. »

En Indre-et-Loire, les syndicats CGT, Sud et FO partent unis alors qu’au niveau national, le leader de Force Ouvrière n’appelle pas à la mobilisation. Cette première manifestation sera « une première étape » prévient déjà Stéphane Desplobin. « Cette loi aggrave la précarité des salariés. C’est un détricotage en règle du droit social. C’est logique que les militants engagés contre la première loi Travail poursuivent la lutte. On observe un foisonnement de colère. On est donc confiants. »

Eric Sionneau, Sud – Solidaires 37 : « c’est la première fois que le monde du travail va s’exprimer sur la situation actuelle. Ces ordonnances, c’est une attaque en règle contre les droits sociaux. C’est pire que la Loi El Khomri. Le CDI est complètement remis en cause avec la possibilité de CDD plus longs ou les CDI de chantiers qui sont des CDD en pire car sans prime de précarité. On sait que depuis quelques années, la majorité des embauches, surtout pour les jeunes, se font en CDD. Et que fait le gouvernement ? Il aggrave leur situation et éloigne encore plus le salarié du CDI. Autre attaque grave : on pourra négocier sans syndicats sur les salaires ou les horaires de travail. L’unicité du prix du travail autour du SMIC est remise en cause. En Indre-et-Loire on a une majorité de petites entreprises et pour le même boulot on aura 50 salaires différents pour le même travail. »

Mardi, plusieurs entreprises seront en grève : la SNCF, La Poste, la CAF, SKF et de nombreux services publics. Sud appelle déjà à reconduire les mouvements pour amplifier l’ampleur de la contestation. Plusieurs entreprises devraient aussi être concernées par des débrayages, juste durant le temps de la manifestation. « Ce n’est pas une journée de grève qui va faire reculer le gouvernement » note Eric Sionneau.

 

Aux côtés des syndicats, la France Insoumise appelle aussi à rejoindre le cortège de mardi prochain : « M. Macron est le plus impopulaire Président de la Vème République après 100 jours de pouvoir. C'est avant tout parce qu'il mène une politique ultra libérale au profit des plus riches et au détriment des plus pauvres » écrit Claude Bourdin, candidat aux législatives à Tours en juin dernier.