Tours

A Tours, des facteurs en souffrance pendant la canicule

Ils estiment que la direction gère bien mal cet épisode de fortes chaleurs.

Ce jeudi on devrait dépasser les 40° un peu partout en Indre-et-Loire, et sûrement battre pas mal de records de températures dans l’agglo tourangelle et ailleurs dans le département. Difficile pour beaucoup de monde si l’on n’a pas de climatisation à portée de main, et en particulier pour des personnes qui travaillent dehors. Pour limiter l’exposition de ses agents à la chaleur, Tours Métropole a décidé de décaler certaines collectes de déchets de l’après-midi à 17h30 au lieu de 14h30. Et à La Poste, comment ça se passe pour les factrices et les facteurs qui distribuent le courrier en pleine chaleur, souvent à vélo ou à pied ?

Nous avons contacté le service communication de l’entreprise : « nous avons un plan intempéries par établissement et nous mettons plusieurs mesures en place avec les organisations représentatives, en concertation avec elles. »

« Nous modulons les temps de pause – plus longues et dans des endroits frais – et adaptons les horaires, qui sont plus souples sans être forcément avancés. Nous avons par ailleurs équipé nos agents de Tours de gourdes isothermes, et des fontaines à eau sont disponibles avec de l’eau fraîche. C’est mieux qu’une bouteille dont l’eau se réchauffe. Et en tournée ils peuvent s’arrêter pour se ravitailler. »

La direction de la communication de La Poste en Indre-et-Loire.

L’entreprise affiche donc son côté prévoyant mais sur le terrain la situation semble mal vécue par une partie du personnel. Jointe mercredi, une factrice de Tours Marceau ne cache pas sa colère :

« A force de réclamer ils nous ont fourni une gourde isotherme 1er prix l’année dernière. C’est tout, et la mienne je vais déjà pouvoir la mettre à la poubelle. En plus elle ne fait qu’un demi-litre, ce n’est pas assez quand on part 2-3h en tournée. Par ailleurs ils n’ont rien donné au personnel en intérim ou aux étudiants. J’en ai parlé à la médecine du travail, on m’a dit que le mieux c’était de se mettre en arrêt. »

Sur la question des horaires, la factrice précise les mesures proposées pour l’aménagement du temps de travail : « mercredi et jeudi les personnes qui font 7h-15h peuvent partir à 13h30. Et ce dispositif n’avait été mis en place qu’une seule journée pendant la canicule fin juin. » Ce qui la révolte, c’est l’attitude du management : « notre responsable nous a dit que si nous n’étions pas contents il fallait se mettre en arrêt. Lors de la dernière canicule on a eu jusqu’à 6 absences sur une seule journée. » Forcée de s’adapter, elle part en ville avec un brumisateur :

« On aimerait plus de considération ! Dans certains métiers ils ont des personnes qui viennent les ravitailler en eau. Sans aller jusque-là, on pourrait au moins avec plus qu’une gourde de 0,5l. Et aussi plus de ventilateurs dans nos locaux qui sont vieux, chauds, pas aérés. Ils en ont mis mais pas assez pour tout le monde. On en attend d’autres mais on ne sait pas quand ils vont arriver. »

A la CGT, Laurent Lecomte reconnait ne pas avoir beaucoup de retours du terrain mais il lui aussi se dit préoccupé par la situation :

« L’entreprise applique les règles a minima pour assurer le bien-être des salariés. Dans certains services, si ça ne pose pas de problème, ils prennent des mesures mais sinon ils ne respectent pas grand-chose. Et on nous a signalé des propos désobligeants de la part des responsables, par exemple qui estimaient qu’1l d’eau par personne pour la journée ça suffisait. La conséquence c’est une forte hausse des arrêts maladie, notamment causés par la fatigue au travail. »

Olivier Collet