Tours

Un nouveau Centre Chorégraphique à Tours… mais pour quoi faire ?

Le CCNT 2.0 devrait coûter près de 11 millions d’euros.

Tours veut rénover le quartier des anciennes casernes militaires Beaumont et Chauveau situées à l’ouest de la ville… En attendant les logements, la deuxième ligne de tram et les espaces arborés, un premier bâtiment doit sortir de terre d’ici 2 ans et demi ou 3 ans : le nouveau Centre Chorégraphique National.

Ce lundi, le maire Christophe Bouchet a présenté le projet retenu, dessiné par l’architecte Lina Gotmeh qui a conçu un grand musée en Estonie, une tour au Liban ou le nouveau restaurant du Palais de Tokyo, un centre d’art contemporain parisien. Visibles en détails ici, les plans du futur bâtiment laissent imaginer un site ouvert et lumineux, avec sa grande salle de 450 places, un café, un studio de répétitions, des logements pour les compagnies en résidence ou encore des bureaux. Au total, 3 800m² dédiés à la danse, beaucoup plus que l’actuel CCNT basé dans le quartier Tonnelé.

Un des seuls grands projets pour la danse en France

« Cette construction va donner la tonalité de ce que va devenir ce quartier de 11ha » espère le maire de Tours qui a obtenu des financements de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, de Tours Métropole ou de la Région Centre-Val de Loire pour boucler le financement des travaux estimé à 11 millions d’euros. Il se félicite de l’aboutissement de 4 ans de démarches initiées par son adjointe à la culture Christine Beuzelin « longtemps seule » a-t-il voulu souligner.

« Le dernier équipement neuf dédié à la danse en France remonte à 2006 » indique encore la municipalité tourangelle qui se vante de proposer actuellement l’un des seuls grands projets français pour cet art (il y en a un autre à Lyon). C’est aussi l’aboutissement de 4 années de démarches pour trouver un lieu plus adapté aux activités des équipes du chorégraphe Thomas Lebrun qui dirige le CCNT depuis 7 ans et demi, et envisage d’entamer bientôt un nouveau mandat de 4 ans.

Plus d’accueil de compagnies

« Actuellement nos locaux sont très petits par rapport au travail que l’on doit y fournir. C’est d’abord un studio de répétition plus qu’un centre chorégraphique » explique Thomas Lebrun. En effet, à la différence du Théâtre Olympia qui dispose d’une grande salle de spectacle pour ses représentations, le CCNT dispose d’installations beaucoup plus étriquées. Et doit souvent se délocaliser, comme cette semaine pour son festival Tours d’Horizons en partie accueilli dans les locaux du Centre Dramatique National, avec une salle qui s’annonce pleine pour les 4 représentations prévues.

« Assez ému » par le projet de construction, Thomas Lebrun y voit donc la possibilité de développer la pratique de la danse à Tours : « on va pouvoir accueillir des projets de résidences lumières et techniques ou des créations de plus grande ampleur » explique Thomas Lebrun. « Ce sera également possible d’avoir plusieurs équipes en même temps, alors qu’aujourd’hui on doit aller répéter ailleurs lorsqu’il y a des professionnels en résidence » poursuit le responsable du CCNT espérant « plus de croisements entre les artistes. »

Le Centre Chorégraphique compte aussi développer l’accueil des enfants des écoles, les liens avec la danse amateur et le soutien au développement des compagnies régionales. L’hypothèse d’un lieu plus ouvert sur la ville avec un café lui offre par ailleurs de nouvelles perspectives de financement : « il y a tout un projet à définir » conclut Thomas Lebrun. Son futur mandat y sera en grande partie consacré.

Olivier Collet