Tours

Haut de la Rue Nationale : plein de monde pour poser la première pierre des hôtels

Leur inauguration est prévue dans deux ans.

Un épisode de plus dans un long feuilleton urbain… Ce lundi, c’était jour de pose de première pierre pour le chantier du haut de la Rue Nationale à Tours, ce projet de deux hôtels Hilton (un 4 étoiles de 100 chambres et un 3 étoiles de 70 chambres) avec 9 commerces et une quinzaine de logements. La cérémonie est symbolique car les travaux ont commencé depuis plusieurs semaines… Elle permet surtout à la mairie de Tours et au constructeur Eiffage de faire un point sur ce dossier à multiples rebondissements. Tout le monde était là : les élus qui étaient à la base de l’histoire quand Jean Germain était encore maire (Jean-Luc Dutreix ou Nicolas Gautreau), l’architecte Andrew Hobson, les représentants du Conseil Départemental et du Conseil Régional, le député LREM de Tours Philippe Chalumeau, une grosse partie des élus de la majorité… Tout ce petit monde avait le sourire, avec parfois un peu d’ironie.

Le projet du haut de la Rue Nationale n’est pas un chantier comme les autres. Débuté en 2011, il a été déclaré d’utilité publique en 2014. A l’origine l’inauguration était prévue pour le printemps 2019, pile en ce moment. Mais entre les recours judiciaires (22 !), les investissements qui tardaient à se confirmer et les brouilles politiques c’est devenu le plus gros boulet de la majorité municipale. Souvenez-vous de l’époque où on repoussait sans cesse la date d’arrivée des grues sur zone… sans jamais les voir débarquer. On a même cru un temps que tout le travail pourrait être jeté pour repartir à zéro avec autre chose quand le maire Christophe Bouchet a annoncé une « remise à plat » en mars 2018.

Les fondations pratiquement terminées

Finalement, c’est bien le plan initial qui va voir le jour au printemps 2021 : deux hôtels de 4 étages avec des tours de 7 étages face à la Loire, des commerces (en cours de commercialisation) et des logements (du T2 au T5, officiellement en vente dans les tous prochains jours).

Les plans des bâtiments ont été dessinés par l’architecte Andrew Hobson, la construction est confiée au groupe Eiffage. Au total 10 000m² à édifier pour une valeur estimée à 50 millions d’euros, soit 5 000€ le mètre carré, sans doute le prix de vente des futurs appartements. Les commerces sont vendus par le groupe Héraklès et c’est la société Naos qui exploitera les hôtels sous deux marques du groupe Hilton. L’hôtel 4 étoiles hébergera son propre restaurant ainsi qu’une salle de fitness.

A l’heure où l’on écrit ces lignes, les fondations sont en cours de finition. Une première grue est arrivée pour monter les murs du 4 étoiles, la seconde est attendue dans quelques jours côté Est pour s’occuper du 3 étoiles. Les premiers commerces seront livrés à l’été 2020.

La première cérémonie d'une longue série...

Dans son discours, le maire Christophe Bouchet a évoqué « un long effort » pour en arriver là. Néanmoins, l’élu refuse de parler de 2 ans de perdus. Selon lui, « plusieurs décennies ont été gagnées » grâce à son initiative pour imaginer un projet de réaménagement de tout le secteur autour de la Place Anatole France (le fameux plan Portes de Loire). Le maire rêve en effet d’une transformation des quais de Loire avec une pente douce jusqu’au fleuve, d’une refonte de la circulation Place Anatole France avec moins de place allouée aux voitures, d’espaces plus végétalisée et de la construction d’un bâtiment symétrique à la bibliothèque centrale. Des projets à plusieurs dizaines de millions d’euros qui sont mis en avant dans de jolis visuels… mais loin d’être validés officiellement. Par exemple, aucun calendrier précis n’est donné pour leur réalisation. Et on ne sait pas à quoi pourrait servir le fameux bâtiment.

« On ne perd jamais à voir grand » aurait dit le président de Tours Métropole Philippe Briand à Christophe Bouchet. Le maire s’inspire de cette phrase. Il espère aujourd’hui profiter de la dynamique du chantier du haut de la Rue Nationale pour s’afficher en élu bâtisseur à moins d’un an des élections municipales. Il va d’ailleurs multiplier les cérémonies du genre dans les prochains mois : annonce de l’architecte du futur centre chorégraphique de Tours, inauguration de l’école Simone Veil aux Deux-Lions, de la crèche Leccia à Beaujardin… Objectif : afficher l’image d’une ville dynamique. Autrement dit : en mettre plein la vue. A voir si ça marchera car en face les sceptiques ne manquent pas. On annonce notamment des débats tendus dès la semaine prochaine en conseil municipal sur la politique d’urbanisme de la ville… Moins sexy que de jolies images de synthèse mais quand même très important.