Tours

La Chrysalide : un Café des Insectes en projet à Tours

Avec des soirées « Chenille » et des cours de nage papillon.


Vous avez sans doute déjà entendu parler de ces cafés où on peut à la fois prendre une boisson chaude/une bière/un soda et caresser des chats qui se prélassent sur les chaises, ronronnant à la demande pour l’ensemble de la clientèle. Vous savez quoi ? Un établissement de ce type est en cours de montage à Tours. En parallèle, une équipe amoureuse de la nature est en train de monter le premier Café des Insectes de France. Nom de code : La Chrysalide. « On avait pensé à 1001 Pattes, ou Le Butineur, mais finalement on a trouvé ça poétique. La Chrysalide évoque la transition de la chenille en papillon, et on s’inscrit complètement dans ce schéma » explique Cassandre, la future gérante.

Avec Maya, Willy et Alexandre - que l’on surnomme affectueusement Flip - elle veut en fait créer un espace écologique pour prendre du bon temps tout en faisant du bien à la planète : « les insectes sont essentiels pour l’environnement. On a tendance à ne pas trop s’en préoccuper, à ne pas en prendre soin alors que sans eux c’est tout un écosystème qui risque de s’écrouler » explique la jeune femme qui sermone son fils dès qu’il ose écraser une mouche : « j’ai jeté ma tapète dès 2011, pourtant elle m’avait été offerte par mon grand-père qui y tenait beaucoup. Par ailleurs, je n’utilise plus d’anti moustiques depuis 2013. Même naturels. Si ces petites bêtes sont là, c’est qu’il y a une raison. On peut bien se gratter un peu pour l’avenir de la Terre, non ? »

Alors à quoi pourrait ressembler ce Café des Insectes ? Ce serait une sorte d’écrin pour petites bestioles : « on va essayer de faire cohabiter un maximum d’espèces dans un espace intérieur et extérieur. Uniquement des insectes que l’on trouve en France dont certaines espèces menacées. Bien sûr beaucoup de papillons au printemps, parce qu’ils sont superbes. Tous nos cocktails auront des noms d’insectes et nous aurons des fiches pédagogiques pour expliquer leur rôle. Sur place, nous installerons les plantes qui leur plaisent, ainsi ils auront de la nourriture en permanence. Bien sûr, tout produit pesticide sera interdit. L’idée c’est que l’on puisse au maximum consommer sur place des plantes qui ont poussé au café, sur lesquelles les insectes ont pu vivre leur vie. »

En dehors de la démarche écoresponsable, il y aurait un intérêt médical : « une chercheuse russe a prouvé que le bourdonnement des insectes pouvait avoir un effet apaisant s’il se combinait avec la prise de certaines boissons comme le Kéfir, le kombucha ou la tisane verveine. »

Alors que certains évoquent la consommation d’insectes comme plat d’avenir pour éviter de consommer trop de viande, Maya s’étrangle : « hors de question de servir des grillons au paprika en guise d’apéro. Nous ferons en revanche des chips de tilleul et des crackers au chanvre. » Nous, ce qui nous inquiète, c’est les piqûres : « nous éviterons les quêpes et les bourdons car nous avons conscience que cela pourrait mettre en péril notre affaire; Néanmoins, nous serons en espace ouvert où le risque zéro n’existe pas. Par ailleurs, nous aurons des abeilles afin de produire notre propre miel. Et en cas de piqûre, nous aurons tout ce qui faut. On va aménager une salle pour les soins et nous offrirons une consommation à toute personne qui aura vécu une mésaventure avec un insecte. »

Afin d’attirer un maximum de monde, Maya envisage plusieurs animations et ateliers : « nous avons prévu des soirées ‘taille de guêpe’ afin d’apprendre à écouter son corps et à garder la ligne tout en mangeant du miel. Flip - un ex prof - donnera des cours d’écriture en patte de mouche ; Cassandre qui a été nageuse professionnelle en Alaska donnera des cours de nage papillon, nous allons prochainement lancer un financement participatif pour nous aider à acheter la piscine. Ah, autre chose : tous les jeudis ce sera soirée chenille. Pour l’ouverture on voudrait même tenter de battre le record de la plus longue chenille du monde. »

Vous l’avez peut-être remarqué, cet article est notre poisson d’avril 2019. Vous vous êtes fait avoir ? N’hésitez pas à le partager !