Tours

La vertigineuse histoire du kiné-parachutiste qui veut sauter depuis l’aéroport de Tours

Il organise des vols en tandem en Touraine à partir du mois d’avril.

Mathieu Deschamps c’est le genre de garçon qui peut donner le vertige rien qu’en racontant sa vie. A 37 ans il a nettement dépassé les 1 300 sauts en parachute, il en exécute pratiquement toutes les semaines depuis une dizaine d’années, et aujourd’hui il peut aussi sauter avec toi, ta copine, ton frère, ta mère, ou ton cousin.

Mathieu Deschamps a 37 ans, et au quotidien il est kiné-ostéopathe du côté du Carrefour de Verdun à Tours. Né à Ballan, il a étudié à Strasbourg, vécu un peu à Paris puis il est revenu sur les bords de Loire il y a une dizaine d’années. C’est à peu près à ce moment-là que ce sportif longtemps rugbymen qu’il a fait son baptême de parachutisme, poussé par son grand frère qui a fait ça avec l’armée.

« Vous avez eu peur ? »

« Qui n’a pas peur ? Je me souviens que dans l’avion je me demandais pourquoi j’étais monté »

Cette histoire-là c’était à Saumur, où Mathieu Deschamps se rend encore régulièrement pour sauter, il va aussi au Blanc dans l’Indre. Pas en Touraine, car jusqu’ici le département n’était pas vraiment une terre de parachutisme (l’association Touraine Air Parachutisme est en train de stopper ses activités). Le trentenaire aimerait bien que ça change, d’où la création de sa seconde activité cette année : Tours’N Jump, soit la proposition de sauts en parachute en tandem un week-end par mois depuis Sorigny voire le dimanche depuis l’aéroport de Tours, dès que les militaires auront donné leur accord (ce qui ne devrait pas tarder).

« On pourra sauter au-dessus de la ville, voir la cathédrale, la Loire… »

Avant de se lancer dans ce défi entrepreneurial, Mathieu Deschamps a dû suivre une préparation rigoureuse. Ex kiné officiel de l’équipe de France de parachutisme (ceux qui font jusqu’à 14 sauts par jour), il a passé une longue formation d’un an afin d’obtenir un brevet d’Etat qui l’autorise à sauter en tandem avec des gens qui n’ont jamais fait ça, des gens comme toi, qui vont faire ça une fois dans leur vie, pour le kif que ça procure.

Commercialiser des sauts en parachute, ça s’organise. Pour chaque prestation, le kiné tourangeau fera venir un avion du Sud-Ouest pour le week-end. A chaque voyage, il sera accompagné d’un autre moniteur avec les mêmes qualifications de lui. Deux personnes pourront donc sauter en même temps. Un vidéaste sera également là pour immortaliser l’instant :

20 à 25 minutes de vol pour atteindre 3 400m d’altitude

40 secondes de chute libre à 200km/h pour atteindre 1 500m d’altitude

5 minutes pour redescendre tranquillement jusqu’au sol sous les 50m² de toile de parachute

(et au cas où, il y a un parachute de sécurité qui s’ouvre en dernier recours à 620m du sol)

Le largage de l’avion se fait à peu près à la verticale du point d’atterrissage, mais en fonction du vent il est possible de manœuvrer un peu pendant la descente pour maîtriser la zone sur laquelle on se pose, explique le professionnel. On apprend alors que le rayon d’action est de 3km.

Pratique exigeante physiquement, le parachutisme ne peut se faire que sous certaines conditions : pas lus de 40km/h de vent, et pas de pluie. Pas de saut pour les moins de 15 ans, et Tours’N Jump demande une autorisation parentale pour les mineurs. Pour tout le monde, il faut un certificat médical d’aptitude (pas de problème cardiaque ou ostéoarticulaire) et peser moins de 86kg (rapport au poids que peut supporter la voile). Les sauts sont proposés à 280€, +95€ pour la vidéo. Il reste encore des places pour la première session prévue le dernier week-end d’avril, en attendant d’autres rendez-vous en mai et en juin.

Olivier Collet