Tours

Année Balzac à Tours : 3 œuvres à lire absolument en 2019

Un roman, des contes et un recueil de lettres.

Eugénie Grandet, Le Père Goriot, La Cousine Bette… Ces titres de romans font partie des plus connus d’Honoré de Balzac, né Rue Nationale à Tours il y a pile 220 ans (le 20 mai, pour être précis). Vous les avez peut-être étudiés au collège ou au lycée. Il se peut que vous les ayez oubliés, ou alors que vous soyez passés à côté de l’œuvre littéraire extrêmement abondante de cet écrivain. Dans tous les cas, les festivités que la ville de Tours prévoit autour de l’auteur toute l’année sont une bonne occasion de se replonger dans ses écrits…

Mais par où commencer si vous n’êtes pas forcément connaisseur ou amateur ? On a posé la question à Régis Rech de la Bibliothèque Centrale de Tours. Il a sélectionné 3 lectures qui lui parlent :

 

  • Un roman : Le Curé de Tours

« Balzac reste un auteur accessible mais c’est vrai que son style peut dérouter certains lecteurs, il demande une certaine exigence » reconnait le bibliothécaire. Néanmoins, nombre de ses histoires pourront évoquer des souvenirs familiers si l’on se plonge dans leurs différents chapitres… « C’est le cas du Curé de Tours, sorti en 1832. C’est son seul roman qui se passe intégralement à Tours. Je le conseille car il évoque le quartier autour de la cathédrale, notamment son cloître » note Régis Rech selon qui « cela peut donner envie de lire d’autres romans de La Comédie Humaine. » Ses pages sont pleines de mesquineries, de méchanceté ou de bêtises en raison des rivalités entre les différents personnages. La bibliothèque de Tours en possède de belles éditions comme celle-ci datant de 1923 éditée à 1 000 exemplaires…

Etonnant : on trouve aussi une version de 1937 destinée aux Anglais avec des exercices de compréhension et une liste de vocabulaire en fin d’ouvrage…

 

  • Les contes drolatiques

« C’est une partie très curieuse de l’œuvre de Balzac » estime Régis Rech. Le responsable de la bibliothèque de Tours raconte que l’action se déroule au Moyen-Âge ou à la Renaissance, contrairement aux romans de La Comédie Humaine datés de l’époque de l’écrivain. La langue utilisée est également étonnante : « elle est faite d’archaïsmes, il s’inspire de Rabelais ou Marguerite de Navarre, utilise des néologismes, des termes parodisants, une langue pastiche dont il est l’inventeur. » A la base l’auteur tourangeau voulait publier une centaine de contes… une trentaine sont sortis : « les critiques ont été hostiles ou incompréhensives mais quand on prend le temps de les parcourir c’est très plaisant. » Et beaucoup d’actions se déroulent dans le Val de Loire.

 

  • Des extraits de sa correspondance

Balzac pouvait écrire de courtes lettres ou de longues correspondances… Il parlait à son éditeur ou à ses proches… Evoquait ses écrits ou ses sentiments. De nombreux courriers ont été édités ; « on a conservé plusieurs milliers de lettres, 3 000 rien que dans l’édition de La Pleïade » se souvient Régis Rech qui conseille de les lire par petits bouts, de temps en temps. « Ce n’est pas seulement le styliste que l’on découvre mais l’homme dans ses passions, son quotidien, ses relations (par exemple avec ses maîtresses). Cela donne de précieux renseignements sur sa vie Et Balzac n’abandonne pas son talent d’écrivain. Ainsi, certaines descriptions de lieux ou quelques expressions de ses lettres sont réemployées dans ses romans. Les passerelles sont évidentes. »

 

Comme on l’a vu ci-dessus, la bibliothèque de Tours dispose d’un fonds important de documents autour de Balzac : les textes de ses romans, mais aussi des éditions de livres agrémentées de notes pour mieux les comprendre, des lettres authentiques signées de la main de l’écrivain (dont une achetée plus de 3 000€ aux enchères il y a quelques mois) ou encore les éditions illustrées historiques. Certains documents seront exposés en fin d’année lors d’une exposition du Musée des Beaux-Arts.