Tours

100 artistes, 1 000 œuvres et plein de petits prix : le grand week-end des petits formats à Tours

Direction l’École des Beaux-Arts pour découvrir tout ça.

Il y a des profs, des étudiants, des universitaires et des artistes… Tout ce petit monde est réuni pendant trois jours sur les murs du hall de l’Ecole des Beaux-Arts de Tours, à Mame. Chaque année, le temps d’un week-end, on y découvre des petits formats en tous genres (photos, gravures, peintures, dessins, sculptures…), tous harmonieusement mélangés, sans autre précision que les signatures des personnes qui les ont réalisés.

« Un petit format, c’est en général une œuvre qui ne dépasse pas le format d’une feuille A3 » nous précise Mathilde Baron, élève en 5ème année dans l’établissement et surtout dans le bureau de l’association Ozart qui gère l’événement.

Si l’on reprend l’histoire des petits formats, elle débute il y a une quinzaine d’années : « on voulait recréer du lien entre les artistes du territoire, passer du temps ensemble et susciter des rencontres » explique Marie-Claude Valerntin, de Mode d’Emploi, l’autre asso impliquée à fond dans ce mouvement, et même celle qui en est à l’origine (si vous ne savez pas, Mode d’Emploi est basée dans les octrois de la Place Choiseul où se déroulent, notamment, des résidences d’artistes).

Aujourd’hui, Ozart et Mode d’Emploi avancent ensemble pour offrir une vitrine éphémère aux artistes et proposer un exercice grandeur nature aux élèves des Beaux-Arts : « pour nous c’est comme un événement professionnel. On fait tout, des inscriptions à la communication en passant par l’accrochage et la vente » raconte Mathilde, ravie de voir plein de nouvelles têtes dans son école : des gens du quartier, des collectionneurs ou des jeunes… Au total près de 1 000 personnes, dont la moitié pour le vernissage (ce vendredi 14 décembre à 19h).

Le mur à 15€

En 2017, 290 ventes ont été réalisées pendant le week-end, pour un total de 10 000€, une somme entièrement reversée à celles et ceux qui exposent. A part l’obligation de présenter des petits formats, leur seule contrainte est d’accrocher une œuvre sur « le mur à 15€ », où tout coûte… 15€, « mais certaines propositions sont encore moins chères, à 10-12€, voire 5€ l’an dernier » signale l’équipe d’organisation.

La centaine d’artistes qui a répondu favorablement à l’invitation vient avec une dizaine d’œuvres. Et dans la liste, on trouve plus d’une trentaine d’élèves des Beaux-Arts qui vendent des projets réalisés en cours ou leurs créations personnelles. Quand on craque pour quelque chose, on ignore le plus souvent le pédigrée qu’il y a derrière : « souvent ça donne de belles surprises » sourit Marie-Claude, qui conseille de venir tôt car beaucoup de réalisations s’envolent dès les premières minutes le vendredi soir : « les visiteurs repartent tout de suite avec les œuvres qu’on leur met dans un beau sac. Certains viennent pour des cadeaux de Noël… mais finalement ils les gardent pour eux. On a aussi des profs qui achètent aux étudiants et plusieurs anciens diplômés qui reviennent. » Bonus 2018, et nouveauté : dans un esprit zéro déchet des verres consignés seront vendus 1€ aux personnes souhaitant trinquer au vernissage… et ils ont été dessinés par un élève de 4ème année, Anthony Sibinovic.

Olivier Collet

Les Petits Formats aux Beaux-Arts, vendredi dès 19h puis samedi et dimanche de 15h à 19h (dans l’idéal, paiement par chèque, liquide accepté).