Tours

[#MIAM] L’Akan, une table qui fait voyager Rue Richelieu

Le restaurant propose des plats inspirés de la Côte d’Ivoire.

Particulièrement riche et mystérieuse, la cuisine africaine est plutôt bien représentée à Tours. On citera par exemple les deux tables éthiopiennes de la Rue Colbert ou Le Bœuf A Boss’ qui propose des plats malgaches (et réunionnais) du côté de la Rue Edouard Vaillant.

Depuis quelques semaines maintenant, on entend beaucoup parler (en bien) d’un autre établissement : l’Akan, discrètement installé Rue Richelieu, entre la Rue Nationale et les Halles. Moderne, artistique, douce et épurée, sa décoration inspire tout de suite la quiétude et la douceur (on adore les plafonniers !). Derrière le comptoir, on aperçoit la cuisine et le chef Michael Amon-Aka vient faire un coucou en personne avant le début de notre repas, avec un grand sourire.

« Mes goûts ont été façonnés depuis mon enfance en Côte d’Ivoire par les plats savoureux de ma mère et de ma grand-mère. La cuisine embaumait, je trainais dans leurs pattes et les aidais quand j’y étais autorisé » commente, sur son site, celui qui est passé à l’institut Paul Bocuse d’Ecully (près de Lyon) avant d’exercer aux Hautes Roches de Rochecorbon, chez Charles Barrier et enfin à l’Orangerie, la prestigieuse table du Château de Chenonceau.

Pour son propre établissement, dont le nom fait référence au peuple du même nom dont il est issu, Michael Amon-Aka a conçu une carte aux inspirations ivoiriennes respectant les saisons de l’hexagone (en cette fin d’automne, les champignons sont notamment très présents). La formule entrée-plat-dessert est à 34€, 26€ pour deux services et 18€ le plat seul (hors suggestions du moment).

Pour l'apéro : jus de bissap, spécialement afrcaine (bien sucrée), accompagnée de copeaux de nois de coco caramélisés et aromatisés au gngembre. Un duo idéal.

Pour commencer, on commande des travers de porc au miel avec crème de manioc et chips de légumes. Habituellement classiques de la cuisine américaine et servis en portion gigantesques, ces travers-là arrivent en petite quantité dans une belle assiette colorée et parfumée (photo de Une). La crème de manioc apporte un peu de chaleur, la viande est fondante et les chips parfaitement assaisonnées. On aurait pu sentir un peu plus le miel pour apporter davantage de peps mais vraiment cette entrée est une des plus originales qu’on ait goûtée depuis longtemps. Notre accompagnatrice opte elle pour le velouté de légumes avec citronnelle ivoirienne et churros de patate douce, une autre originalité de la maison.

Le velouté...

Pour le plat, on aurait pu prendre du poisson (pour retrouver des souvenirs de spécimens braisés au barbecue, parmi les meilleurs qu’on a pu manger en voyage) mais on se laisse finalement convaincre par le Djoumgblé, un suprême de poulet fumé avec riz, sauce aux gambas séchées et champignons. La viande est vraiment très, très fondante, un régal. La sauce se marie joliment avec le riz… malheureusement trop compact, et du coup difficile à manger. En face, c’est une assiette de roulé de confit de canard aux champignons avec légumes et… sauce au chocolat qui arrive sur la table. Spécialité du chef, cet assaisonnement original permet de découvrir une autre déclinaison sucrée-salée du canard souvent accompagné d’agrumes : excellente idée réalisée sans excès ce qui fait qu’elle ne prend pas le dessus sur le plat.

Le poulet...

Le canard...

Avec des produits du moment, des inspirations venues de Côte d’Ivoire, et un très bon rapport qualité-prix, l’Akan garantit une cuisine personnelle créative qui en fait, selon nous, l’une des plus belles découvertes de cette fin d’année 2018 à Tours.