Tours

Écoles, routes, Palais des Sports : Tours va investir 28 millions d’€ en 2018

C’est plus qu’en 2017.

4 mois après son arrivée dans le bureau de maire de Tours, Christophe Bouchet a repris tous les gros dossiers, il les traite un par un et ce mois-ci l’élu UDI s’attaque aux chiffres. Pas la plus mince affaire quand on connait la situation financière de la ville de Tours : encore 219 millions d’euros de dettes fin 2017, et une capacité de désendettement estimée à 12 ans. Le maire le reconnait : « on est classé comme pas bon élève. L’objectif est d’atteindre une capacité de désendettement de 10 ans fin 2018 ce qui serait ‘correct’ aux yeux de l’État. »

Pour cela, la ville va encore chasser les économies dans ses dépenses de fonctionnement. Les premières esquisses de sa méthode seront évoquées ce lundi 12 février lors d’un conseil municipal dont le sujet principal sera le traditionnel débat annuel sur les orientations budgétaires. Sur ce point, on sait déjà que :

  • La ville n’augmentera pas ses taux d’imposition (taxe d’habitation et taxe foncière) mais les impôts devraient quand même progresser car l’État a revalorisé la base d’1,2%.
  • En 2018, Tours va rembourser plus qu’elle ne compte emprunter : « on poursuit notre désendettement même si on ne va pas aussi vite qu’on l’aimerait parfois » explique Christophe Bouchet qui prépare aussi l’échéance de 2023, une date où la ville devra rembourser d’énormes prêts, 78 millions au total (hors intérêts) de 2023 à 2026. Concrètement, la municipalité devrait alors rendre aux banques deux fois la somme qu’elle consacre à son désendettement aujourd’hui. Un « mur » qui inquiète l’équipe d’élus : « on essaie d’avancer et de se raisonner, sinon on finira par ne plus pouvoir emprunter » dit le maire.
  • En 2018, 28 millions d’euros d’investissements sont programmés, et même 33 en comptant 5 millions de reports sur des projets lancés en 2017. Ce chiffre est supérieur de 6 millions d’euros à celui de l’an dernier, il comprend notamment les financements de la construction de l’école des Deux Lions et de la reconstruction de la crèche Leccia (10 millions d’€), 1,1 million d’euros de travaux pour la salle Grenon du Palais des Sports, 4 millions pour le Plan Lumière de la ville (illumination du Vieux Tours, notamment).
  • 4 millions d’euros d’investissements sont prévus pour refaire 20km de routes (sur 400), 3 fois plus qu’en 2017, une promesse phare de Christophe Bouchet qui assure aussi qu’un calendrier précis et argumenté des travaux sera prochainement présenté aux habitants. Les adjoints de quartiers sont aussi mis à contribution pour établir des priorités.
  • Tours est en négociations avec l’État pour « contractualiser » son budget, c’est-à-dire s’engager à ne pas faire trop augmenter ses dépenses de fonctionnement. La progression devrait se limiter à 1,2% explique Hélène Millot, adjointe aux finances rassurée par une perspective de hausse des recettes de la ville cette année ainsi que d’une dotation financière en provenance de Paris qui va stopper sa chute pour la première année depuis longtemps.

En résumé, la situation budgétaire de la ville de Tours reste critique et problématique mais la mairie espère être traitée avec indulgence en insistant sur le fait qu’elle se désendette de manière continue depuis 2014, époque où sa capacité de remboursement était de 18 ans (12 donc aujourd’hui). Prochain épisode lundi dès 17h, avec sans doute des critiques venues de l’opposition.

Olivier Collet