Tours

4 500 livres différents dans une seule boutique Rue Colbert

Et à 3€ pièce.

"J'ai toujours dit que si je devais ouvrir une boutique à Tours ce serait Rue Colbert" glisse Corentin Halley. Celui qui se surnomme le Bibliovore vient de réaliser son rêve : il a monté son magasin dans la rue où l'on trouve quelques uns des meilleurs restaurants de la ville. Même si on ne doute pas que l'homme ira profiter des talents culinaires de ses nouveaux voisins, c'est plutôt les bouquins qu'il avale, et par milliers s'il vous plait : "actuellement j'ai environ un stock de 15 000 livres et je vais bientôt racheter une bibliothèque qui en compte 8 000." A raison d'un livre par jour, il faudrait environ 60 ans pour ingurgiter tout son catalogue.

La spécialité de Corentin Halley, c'est le rachat de livres au poids. Ce résident de Luynes habitué du marché du dimanche du Boulevard Béranger (le 4ème week-end de chaque mois) s'est fait connaître en ouvrant à 3 reprises des boutiques éphémères où il invitait tout le monde à venir déposer des ouvrages dont ils ne voulaient plus dans leur bibliothèque.

A partir du moment où le livre a un code barre et qu'il est en bon état, ce libraire spécialiste de l'occasion paye 1€ le kilo. Il les revend ensuite 3€ pièce dans sa boutique, sur Internet, sur les marchés ou auprès de collègues : les livres de poche vont chez L'Oiseau Lire, par exemple.

Avec ce point de dépôt-vente désormais pérenne du 104 Rue Colbert, le Bibliovore complète un réseau de libraires d'occasion plutôt bien fourni à Tours (on notera également l'ouverture récente de Libre et Riche au 20 Rue Richelieu).

Installé dans un ex brocante, Corentin Halley y a monté des étagères pour déposer 4 500 livres et ouvrira les portes aux chineurs les mercredis, vendredis et samedis de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h. Fils de bibliothécaire, marié à une prof de français, l'homme à la coiffure tressée et aux tatouages tribales pense avoir trouvé l'emplacement idéal, "dans une rue semi-piétonne où l'on peut se garer 10 minutes sans gêner la circulation, juste le temps de venir déposer ses livres lourds." Il prévoit également d'inviter de temps à autre un revendeur de BDs d'occasion.

Autre petit plus qui nous plait bien : la possibilité de laisser un marque-page dans le livre que vous déposez afin de dire pourquoi vous l'avez aimé, par exemple. Car même si le but est de récupérer quelques euros en revendant ces ouvrages, la démarche permet également de faire circuler la culture. Et ça, ça n'a pas de prix.

Olivier Collet