Tours

Hébergement d’urgence : quels moyens cet hiver en Indre-et-Loire ?

452 places sont prévues dès le 1er novembre, un chiffre qui devrait augmenter.

L’Indre-et-Loire et le Loiret sont les deux départements de la région Centre-Val de Loire qui ont du mal à faire face à la demande d’hébergement d’urgence, et ce malgré des dispositifs qui ont tendance à se renforcer d’année en année : « nous disposons de 452 places pour le début de la trêve hivernale au 1er novembre contre 133 en 2012, et 393 il y a un an » rappelle Xavier Gabillaud, directeur départemental de la cohésion sociale.

Réparties en grande majorité sur l’agglomération tourangelle (+ quelques lits disponibles à Chinon ou Amboise), ces places sont accessibles en appelant le 115, le numéro dédié aux personnes sans abri. En Indre-et-Loire, il est géré 7 jours sur 7 par les travailleurs sociaux de l’Entr’Aide Ouvrière (Entraide et Solidarité) qui répondent aux appels de 15h à 7h du matin. Problème : il est surchargé quasiment toute l’année : « nous avons en moyenne 120 appels par jour contre 90 à la même période en 2016 » comptabilise Thierry Gheerart, directeur de l’association. « En moyenne nous avons 80 refus par jour, 68 par exemple jeudi dernier, mais parfois ça monte jusqu’à 120. »

Jusqu’à 570 personnes logées en cas de grand froid

Une irrégularité difficile à expliquer précisément, cela peut dépendre des conditions climatiques, des allées et venues de personnes dans le département, de la disponibilité d’hébergements d’appoint (squats, caravanes, cohabitations...). « Il y a une forte lassitude des personnes qui appellent et parfois elles deviennent agressives » s’alarme le responsable associatif qui rappelle tout de même que l’hiver dernier, il y a eu de la place pour tout le monde lors des 12 jours où le Plan Grand Froid a été déclenché en Indre-et-Loire, même si le dispositif était quasiment saturé avec 570 personnes abritées en une seule nuit.

Afin de faire face en cas de coup dur, un nouveau gymnase pourra donc être réquisitonné. Situé à St Avertin, il pourra accueillir une trentaine de personnes en complément des lits disponibles au gymnase Racaud de Tours. Par ailleiurs, de nouvelles places devraient ouvrir dans les prochaines semaines : « 35 » selon Xavier Gabillaud, dont 25 pour des hommes isolés et 10 (voire un peu plus) pour des femmes seules, ou des femmes avec enfant.

Peu de logements à l’hôtel

« Ces nouvelles dispositions devraient nous donner un peu de souplesse » ajoute le DDCS, d’autant que la préfecture et les associations cherchent à éviter au maximum les logements à l’hôtel : « c’est le dernier ressort et c’est une vraie différence en Indre-et-Loire comparé à d’autres départements comme le Loiret. » 17 places en hôtel sont tout de même proposées tout au long de l’année, et un partenariat régulier est établi avec les deux hôtels F1 de l’agglomération de Tours.

« L’hôtel cela peut être une mise à l’abri le temps d’évaluer une situation ou en cas de grands froids » explicite ... qui souhaite cet hiver faire le point tous les 15 jours sur les dossiers des personnes hébergées afin de leur trouver des solutions pérennes « et qu’elles ne restent pas de longues semaines en hébergement d’urgence. » Les dmandeurs d’asile seront par exemple orientés vers les structures dédiées.

De plus en plus de SDF mineurs avec leurs familles

Autre sujet préoccupant pour les responsables de l’aide sociale en Touraine : l’hygiène des personnes à la rue. « Dans certaines régions, le Conseil Régional distribue des kits. On aimerait y arriver ici » plaide Thierry Gheerart, qui en appelle directement à la région dont c’est la compétence. Il est aussi préoccupé par le nombre croissant d’enfants sans logement : 31 la semaine dernière (+ les parents).

Ces mineurs et leurs familles tentent souvent leur chance chaque jour : « certains qui n’appellaient plus recommencent à le faire pour revenir dans le circuit au moment où de nouvelles places ouvrent. » Mais globalement, difficile de savoir combien de personnes n’ont vraiment aucun toit pour dormir en Indre-et-Loire, « car toutes les personnes qui appellent le 115 ne sont pas forcément à la rue et inversement toutes celles qui sont à la rue n’appellent pas forcément le 115. » D’où l’importance des maraudes qui vont s’intensifier avec la baisse des températures.

Olivier Collet