Tours

Coup dur pour la transparence : l’Observatoire Économique de Touraine disparaît

8 personnes sont licenciées.

Les armoires sont vides, et bientôt les bureaux le seront aussi. Vendredi soir, l’Observatoire Économique de Touraine (OE2T) fermera ses portes. Définitivement. Créée au printemps 1991, cette association financée au départ par le Conseil Général et la Chambre de Commerce et d’Industrie puis par Tour(s)Plus à partir des années 2000 n’a plus de moyens pour fonctionner. Les caisses sont à sec et plus personne ne veut les remplir.

La région n’a pas souhaité subventionner le projet

Alors que le budget annuel de la structure était de 600 000€, il a fondu pour atteindre 350 000€ en 2017 dont 280 000 de Tours Métropole. La CCI et le Conseil Départemental ont progressivement réduit leur participation, faute de moyens pour la première, faute de moyens et parce que la compétence économique était transférée à la région pour le second.

Pourtant, tout le monde s’accorde à dire que le travail de l’OE2T était nécessaire et de qualité. Pionnier en France (il a un jumeau dans le Loir-et-Cher), il a produit près de 450 études, répondu à 5 400 demandes directes ou encore réalisé 900 interventions dans les médias. Sans oublier l’aspect formation avec 500 stagiaires accueillis… « Tous les mois on suivait une cinquantaine d’indicateurs autour de l’activité des entreprises, de la consommation, de l’emploi ou du tourisme » explique Laure Huguenin, directrice depuis 2014 mais présente depuis le 1er jour.

La fin d’une mission de service public et démocratique

Installé en plein centre de Tours Rue Jules Favre, à deux pas de l’église St Julien, l’Observatoire était essentiel pour bien comprendre le fonctionnement de l’économie tourangelle. Il publiait aussi bien les chiffres de fréquentation de l’aéroport de Tours que le nombre d’embauches dans les entreprises de Touraine, les données sur les constructions immobilières ou l’évolution du marché de l’automobile dans le département. Via son site Internet (encore actif quelques mois, profitez-en !) ou son compte Twitter, il faisait en sorte de se rendre accessible à tous de la manière la plus pédagogique possible. Dans un monde où tout chiffre est vite transformé pour en faire un argument partisan, ces informations factuelles, vérifiées, étaient précieuses. Il faudra désormais s’en passer… En tout cas pour le grand public.

« Je ne parlerai pas politique » prévient Bruno Fenet quand on lui demande une réaction sur la mort programmée de ce qui est devenu « un tabouret à un pied » depuis les réductions drastiques de financements. Président de l’OE2T, celui qui est aussi maire de Parçay-Meslay reconnait néanmoins que l’association va beaucoup manquer au territoire : « la compétence économique étant désormais sous la responsabilité de la région nous l’avons sollicitée pour savoir si on pouvait compter sur elle. On n’a pas eu de réponse pendant un an puis ils ont dit non au printemps », apparemment sans plus de précisions sur le motif du refus…

Il faudra désormais demander des études à des cabinets privés

L’Observatoire Économique de Touraine compte actuellement 8 salariés. 4 ont déjà retrouvé du travail (1 à la métropole, 1 au département, 1 à la CCI et 1 à la capitale), Tours Métropole pourrait engager une deuxième personne afin d’avoir les moyens de produire ses propres études économiques mais ça ne fait pas tout : « les anciens financeurs devront désormais faire appel à des cabinets privés au cas par cas et ça pourrait même leur coûter plus cher. De plus, d’une année sur l’autre, ces entreprises repartiront de zéro et ne travailleront pas forcément avec la même méthode. »

Olivier Collet