Tours

Les gourmands de BD ont rendez-vous Place Châteauneuf

Le festival A Tours de Bulles s’y installe samedi et dimanche pour sa 13ème édition.

En 2016, A Tours de Bulles a battu son record avec 6 000 visiteurs. De quoi motiver tout le monde pour 2017. Du coup, le festival annuel que Tours consacre à la bande dessinée va capitaliser sur ses fondamentaux : malgré les travaux des derniers mois, il a toujours lieu Place Châteauneuf et Salle Ockeghem (+ une séance aux cinémas Studio). On y croisera une nouvelle fois une quarantaine d’auteurs et le programme comporte comme d’habitude expositions et conférences.

Un peu de nouveauté quand même… : « la réfection de la Place Châteauneuf a compliqué les choses » explique Philippe Septier qui organise l’événement avec une grosse dizaine de bénévoles (ils seront près de 40 le jour J). « Nous ne pouvons plus rassembler les auteurs sous un seul chapiteau nous aurons donc plusieurs barnums plus petits. Il y aura également des auteurs dans la cour, ce qui ne s’était pas fait depuis plusieurs années. La question s’est posée de déménager mais on avait envie de rester en centre-ville et à proximité d’un lieu où l’on pouvait organiser nos expositions. J’espère que le choix fonctionnera même si nous sommes désormais un peu plus dépendants de la météo. »

3 auteurs de BD au festival du livre gastronomique

Par ailleurs, cette année, A Tours de Bulles a non seulement lieu en même temps que les Journées du Patrimoine (un choix volontaire) mais il est aussi organisé le même week-end que le festival Tours et ses Francos Gourmandes… ce que l’organisation n’avait pas vraiment prévu, vu que l’événement gastronomique a été annoncé à la dernière minute. « Du coup, on est partis de l’idée de voir ce que l’on pouvait faire ensemble » explique Philippe Septier qui trouve « intéressant de mélanger les publics. Les amateurs de BD viennent de loin, ils pourront donc découvrir les Francos. Et nous on va voir ce que l’on peut proposer à leur public. »

Ainsi, trois auteurs de BD s’installeront à la Cité de la Gastronomie du Boulevard Béranger aux côtés des auteurs de livres gastronomiques. De quoi rappeler qu’il y a quelques temps, le thème d’A Tours de Bulles avait été la gastronomie. « J’ai aussi entendu dire que certains chefs invités étaient amateurs de BD. On verra ce que ça donne. On fera le bilan après et on prendra une décision pour l’année prochaine » poursuit Philippe Septier.

Des conférences traduites en langue des signes

Le décor étant posé, intéressons-nous de plus près au programme de cette cuvée 2017 d’A Tours de Bulles. 42 auteurs sont invités, « dont une trentaine qui ne sont jamais venus à Tours, une demi-douzaine de tourangeaux et 12 femmes. Ce sont des auteurs dont nous avons envie de faire découvrir le travail. Un de nos axes, c’est de promouvoir la jeune BD. C’est pour ça que notre prix Tour d’Ivoire ne récompense que des auteurs qui n’ont pas publié plus de trois albums. L’idée c’est de montrer la formidable diversité de la bande dessinée, avec ses formes différentes qui peuvent intéresser tous les publics. »

D’ailleurs, le marché se porte plutôt bien. Le hic : « comme la production est énorme, beaucoup d’auteurs n’en vivent pas. » Voilà aussi pourquoi de plus en plus d’auteurs lancent des financements participatifs pour éditer leurs BD.

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Invitée d’honneur du week-end A Tours de Bulles : Mobidic. Lauréate du prix Tour d’Ivoire l’an dernier, cette française qui vit à Bruxelles a conçu l’affiche, les marques-pages et le visuel de cette 13ème édition sur le thème « Contes et Légendes » et avec quelques contraintes comme la nécessité de dessiner un parapluie sur l’affiche. Ses planches de Roi Ours seront exposées au premier étage de la Salle Ockeghem. Et vendredi 15 au soir, elle ouvrira le festival aux Studio avec un film d’animation qu’elle a choisi : Princesse Mononoke.

Autres expositions : Ronan Toulhoat sur Le Roi des Ribauds à Arcades Institute et Nathalie Vesallier pour son travail sur l’album Blanche Neige au rez-de-chaussée de la salle Ockeghem.

Bonne nouvelle : les auteurs feront visiter leurs expositions. Des parcours qui seront traduits en langue des signes pour les personnes sourdes et malentendantes. Ce sera aussi le cas des conférences du festival, « Échange de passe et lutte de places » samedi matin avec Jérémie Moreau et une autre avec le blogueur et chroniqueur Terreur Graphique le dimanche après-midi. A cela il faut encore ajouter des lectures de BD pour les enfants, des contes illustrés en direct par Philippe De La Fuente, la remise du prix Tour d’Ivoire 2017 (il reste 4 finalistes) et encore plein d’autres choses à découvrir sur le site du festival (atelier de création de BD, coin lecture, jeux de société…).

Rappelons que tout ce qui se passe Place Châteauneuf est gratuit.

Olivier COLLET