Tours

Passeurs de Légendes : un anniversaire d’exception au Château du Rivau

L’association fête ses dix ans avec deux grands spectacles chevaleresques en août.

3 membres en 2007, une vingtaine en 2017 : dix ans après leur création Les Passeurs de Légendes sont en pleine conquête. Cette association s’est donnée pour objectif de proposer des spectacles chevaleresques inspirés des grands textes du Moyen-Âge. Chaque été, on l’a vue au Château du Rivau lors du week-end de joutes équestres organisé au par le monument (rendez-vous les 12 et 13 août), ou encore lors des deux fêtes médiévales du Vieux-Tours en 2015 et 2016.

A l’origine de ce projet : Bénédicte Gaudon-Duhart. Prof de lettres au collège Anatole France de Tours, c’est une grande passionnée de littérature médiévale qui a étudié les écrits arthuriens à Brocéliande. « Ca m’est venu dès mon enfance, par les histoires que ma mère me racontait, et via des livres qui m’ont marquée. » Régulièrement, elle se plonge donc dans les textes ou les articles de spécialistes de cette époque pour construire des spectacles de théâtre en costume : « je tiens à ce que l’on respecte les textes avec l’esprit de l’époque » insiste la présidente des Passeurs de Légendes qui n’hésite pas, par exemple, à inclure quelques expressions ou tournures de phrases anciennes dans les dialogues même si « cela fait grogner les comédiens. »

« Il faut que ce soit profond, qu’il y ait plusieurs lectures possibles. Que ce soit facile à comprendre mais que les spécialistes puissent gratter un peu plus loin » précise encore l’enseignante qui écrit seule et a signé une dizaine de scénarios « soit un à deux par an. »

Dans son aventure, Bénédicte Gaudon-Duhart est parvenue à embarquer 4 de ses élèves, dont Justine (une comédienne), arrivée dès les débuts et accompagnée de Jonathan, tombé dans le projet après l’avoir découvert au Rivau. Tous deux issus du Conservatoire de Théâtre de Tours, ils sont notamment chargés de la direction artistique des spectacles : « on a fait des progrès prodigieux en qualité de jeu grâce à eux » nous glisse la présidente qui organise des répétitions aux Prébendes ou chez les différents bénévoles (qui ont de 9 à 73 ans).

Pour leurs dix ans, Les Passeurs de Légendes vont non seulement participer aux joutes annuelles du Château du Rivau mais, la semaine suivante, ils va une fois de plus investir les lieux pour assurer deux grands spectacles dans la journée, avec des reconstitutions de combats, notamment. Le premier ce sera le matin sur la jeunesse du Roi Arthur, le second à 16h autour de Tristan et Yseult. La marraine de l’association, la spécialiste arthurienne Claudine Glot, assurera par ailleurs une conférence sur la place des femmes dans la littérature médiévale : « j’insiste beaucoup sur leur rôle car il est fondamental. C’est elles qui font les histoires. Il n’y a pas de roi s’il n’y a pas de reine. Mon Moyen-Âge à moi ce n’est pas celui des Visiteurs c’est celui où l’on a des guerrières et c’est fascinant. On tient donc à leur redonner leur place, tout simplement » détaille Bénédicte Gaudon-Duhart.

« Tout le monde aime qu’on lui raconte des histoires. Petits ou grands. Il y a beaucoup d’enfants qui m’ont dit que leurs parents n’en racontaient pas » poursuit la conteuse. « Pour moi ce qui est important c’est qu’elles aient du sens. Qu’elles véhiculent les valeurs chevaleresques : courage et loyauté. Tout cela renvoie à un imaginaire vraiment très riche. »

Ces histoires, celles qu’elle a écrites, on pourra bientôt les lire dans la pénombre des chambres. Grâce à un partenariat avec l’école ESTEN de Tours, Les Passeurs de Légende vont sortir un premier livre mi-août avec un texte accompagné des photos de spectacle. En fin d’année, des représentations seront aussi programmées au cœur du très bel Hôtel Gouin, à Tours puis au cloître situé près de la Cathédrale St Gatien. Ce sont des signes prouvant que l’association prend de plus en plus d’ampleur. Elle vient d’ailleurs de réussir une campagne de financement participatif pour améliore la qualité de son dixième anniversaire. Les 3 200€ déjà récoltés vont permettre de financer les costumes, et s’il y a plus d’ici le 20 juillet, les armures et autres tenues pourront être encore plus fidèles à la réalité.

Olivier COLLET