Tours

Le TGV rapproche Tours et Bordeaux avec du wifi à bord

La LGV reliant la Touraine à la Gironde ouvre officiellement ce dimanche.

Depuis plus de 30 ans le TGV est un outil technologique et régulièrement de nouvelles étapes nous le font comprendre. En général, le train dont les Français sont si fiers pour sa grande vitesse s’améliore à chaque ouverture de nouvelle ligne ultra rapide.

Quand il est parti vers Strasbourg, le TGV a battu le record mondial de vitesse sur rails à plus de 570km/h. Quand il a relié Besançon et Mulhouse à plus de 300km/h, il a commencé à intégrer l’information en direct à bord via des écrans. En ce mois de juillet 2017, en s’élançant vers Bordeaux et Rennes, il propose enfin des sièges que l’on peut retourner pour être dans le sens de la marche (en 1ère classe). Ca n’a l’air de rien dit comme ça, mais ceux qui ont une gêne quand ils sont dans le mauvais sens comprendront.

Le TGV passe donc une vitesse supplémentaire en cet été 2017 et Tours est au cœur du dispositif. Enfin, presque. Il est de coutume d’appeler la nouvelle ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Mais en fait elle part de St Avertin. Et si elle traverse la Touraine de part en part, c’est justement pour permettre aux trains de filer sans s’arrêter et rallier Bordeaux depuis Paris en à peine plus de 2h, le gain de temps est ainsi de plus d’une heure par rapport à avant. Pour tous ces gens pressés que sont par exemple les voyageurs d’affaire soucieux de pouvoir faire des aller-retour dans la journée, on ne doit pas être loin de l’orgasme. D’ailleurs, c’est un wagon d’élus et autres partenaires financiers en tailleur et costume qui inaugure la ligne ce samedi avant les vacanciers dimanche, il n’y a pas de hasard…

Cette ligne à grande vitesse rapproche donc la capitale nationale et une capitale régionale qui aspire à prendre encore plus de poids sans pour autant « devenir Barcelone ou Venise » comme nous le confiait avec le sourire le directeur de l’Office du Tourisme bordelais cette semaine.

Plus que la Touraine qui a eu sa part du gâteau avec les emplois du chantier ces dernières années, c’est bien la préfecture de Gironde qui va bénéficier de l’atout TGV. Avec donc les travailleurs sur le long terme et les touristes qui vont découvrir une ville rénovée de fond en comble avec sa Cité du Vin, son Miroir d’Eau, son centre historique, sa pépinière d’entreprise avec restaurants et activités culturelles (tiens, Tours essaie d’ailleurs de faire pareil avec son usine Mame, il n’y a pas de hasard, bis). C’est clinquant, c’est choc, c’est bobo, un peu populaire : en tout cas le cocktail fonctionne.

Sinon, on gagne quoi, nous, dans tout ça ? Maintenant on peut faire St-Pierree-des-Corps Bordeaux en 1h50. Pas mal. On gagne près d’une heure, même en faisant des arrêts en chemin pour prendre ou déposer des Poitevins ou des Charentais (Poitiers, Angoulème sont aussi sur le trajet). Les prix démarrent à 20€ pour des billets non échangeables, non remboursables sans carte de réduction SNCF. C’est convenable, même si le prix normal est trois fois plus élevé. Sauf qu’à bord, l’entreprise promet un changement de dimension. La première classe a vraiment été très soignée avec, donc, ses sièges pivotants mais aussi ses prises individuelles, sa tablette façon bureau…

En seconde, c’est une prise électrique pour deux mais un port USB par personne pour recharger son smartphone. Il parait même que si vous réservez un billet tout seul, vous avez désormais moins de chance de vous retrouver dans le wagon des familles, celles-ci étant regroupées. Donc moins d’enfants qui braillent (et là, une autre catégorie de voyageurs est proche de l’orgasme, chacun son truc).

Et puis il y a le wifi. Le St Graal pour beaucoup de voyageurs qui s’ennuient terriblement à bord d’un train, n’arrivent pas à dormir et ont oublié le plaisir de lire un livre (ou n’en ont juste pas envie). Ce service est gratuit, s’utilise grâce au numéro de dossier de voyage que l’on renseigne sur le site TGV Connect et permet d’utiliser 1Go de données pendant son trajet. Il n’est disponible que dans les 15 nouvelles rames en circulation (faciles à reconnaître, elles sont à deux étages avec des couleurs bleu marine et grises à l’extérieur).

Au total, on attend une quarantaine de trains l’Océane sur l’axe TGV Atlantique dans les prochaines années. Bientôt on dira donc au revoir aux TGV à un étage bleu dehors, orange et violet dedans. Mais bonjour au TGV où tu commandes ton plat du bar hors de prix par téléphone et où il arrive jusqu’à ton siège. Il parait que c’est ça, l’idée nouvelle de la grande vitesse. Une grande vitesse avec une ligne créée grâce à un partenariat public-privé et donc de gros péages bien costauds qui tirent les prix des billets vers le haut. C’était ça où rien car l’Etat n’avait pas les moyens. Maintenant que le choix est fait, on ne peut plus revenir en arrière. En revanche les nouveaux projets de LGV semblent eux bien accrochés sur leurs voies de garage. Il ne doit pas y avoir de hasard (ter)…

Olivier COLLET