Tours

Thillaye, Labaronne, Chalumeau : paroles de nouveaux députés

Ces trois membres de La République En Marche, le parti du président Macron, vont faire leurs premiers pas à l’Assemblée.

Ils ont le droit de découvrir leur nouveau lieu de travail dès ce lundi. Les députés élus ce dimanche au second tour des élections législatives ont toute la semaine pour se présenter à l’Assemblée Nationale et y récupérer notamment le règlement qu’ils devront respecter pendant 5 ans et quelques accessoires comme leur écharpe tricolore. Sans attendre, Daniel Labaronne monte à Paris dès ce 19 juin. Le maire de Bléré fraîchement élu député de la 2ème circonscription d’Indre-et-Loire face à la sortante de droite Claude Greff doit se rendre là-bas « pour des raisons professionnelles mardi et mercredi » et en profitera donc pour faire un détour au Palais Bourbon. Histoire de prendre ses marques avant le séminaire du parti présidentiel prévu samedi et dimanche, toujours dans la capitale.

Ce séminaire, Sabine Thillaye l’attend de pied ferme. Jamais élue à la différence de son collègue maire depuis 3 ans, la nouvelle députée de la 5ème circonscription d’Indre-et-Loire (celle jusqu’ici tenue par le président de Tours Métropole Philippe Briand) a des choses à apprendre. En attendant, elle savoure sa victoire avec plus de 58% des voix. « J’ai une grande émotion en tant que franco-allemande, que les électeurs aient fait confiance à un parti pro-européen. C’est une grande satisfaction. »

Actuellement dirigeante d’une entreprise de conseil-communication avec son mari, elle va en démissionner pour devenir « députée à 100% » promet-elle. Première mission : recruter ses assistants parlementaires et trouver une permanence, « j’ai reçu beaucoup de CV. Par ailleurs, on réfléchit à avoir une permanence tournante dans cette circonscription urbaine mais aussi très rurale. »

De son côté, Daniel Labaronne a tranché : la permanence sera à Bléré, là où il est premier magistrat depuis 2014. Il va d’ailleurs rester conseiller municipal mais démissionnera de son poste très vite pour respecter la loi sur le non cumul des mandats. Son 1er adjoint est amené à le remplacer dès le 11 juillet lors d’une nouvelle élection en mairie.

Pour ses assistants parlementaires, il plaisante : « dommage que je ne puisse pas embaucher ma femme car elle est agrégée de gestion et serait très compétente » et envisage par ailleurs l’éventuel recrutement de collaborateurs en commun avec des collègues. Il promet sinon de stopper immédiatement ses activités de conseil pour une « entreprise marocaine dans un secteur stratégique », même si désormais la loi de moralisation de la vie politique obligerait seulement les députés à ne pas débuter de nouvelle activité de conseil au lieu de renoncer à celles qu’ils ont déjà. Une reculade notable par rapport au projet initial.

Député de Tours depuis dimanche soir, Philippe Chalumeau la joue sportif : « Jean-Patrick Gille (le socialiste qu’il a battu, ndlr) a fait du bon travail mais les citoyens avaient besoin d’une respiration démocratique. Le PS que j’ai quitté était un parti vieillissant ne laissant pas sa place aux jeunes. Au sein d’Ohé du Bateau, j’ai travaillé avec des gens de la France Insoumise et j’ai vu qu’il était possible de rassembler les Français autour de projets. » Mais quel poids va avoir le nouvel élu de l’une des 22 métropole de France à l’Assemblée Nationale ? « Je pense en avoir car Emmanuel Macron m’a félicité par SMS dimanche dernier. J’ai été le premier à adhérer au mouvement, je connais tous les gens des cabinets cela va être facile d’y avoir accès. » Il compte ainsi prendre vite rendez-vous avec le maire de Tours, le président de la métropole et celui du département pour esquisser une base de travail.

A l’Assemblée, Philippe Chalumeau se voit bien dans la commission défense ou affaires sociales » mais ira à où l’on a besoin de moi. » Sabine Thillaye se voit elle aux affaires étrangères pour s’intéresser de près à l’Europe. Daniel Labaronne irait bien aux finances. Tous ont des envies, mais tous semblent aussi attendre de voir ce qui a été imaginé pour eux. Charge ensuite à ces nouveaux élus, ces bizuts comme disent certains, de réussir à s’émanciper. L’état de grâce n’est jamais infini.

Olivier COLLET

Photo : Sabine Thillaye dimanche soir à Tours