Tours

PRESIDENTIELLE : SOS Racisme 37 en lutte contre le FN

L’association fait la guerre à l’extrême droite à dix jours du 1er tour.

« Votez pour n’importe qui sauf pour Marine Le Pen » : voilà le message que tente de diffuser l’association SOS Racisme depuis cette semaine, à l’occasion d’une campagne baptisée #onestpareil. « On lutte toute l’année contre le Front National et aujourd’hui on se rend compte qu’on a vraiment raison quand on voit qu’il monte dans les intentions de vote pour la présidentielle » s’emportent Pierre, président départemental d’SOS Racisme en Indre-et-Loire, et Adrien, qui milite depuis dix ans.

« On nous a beaucoup reproché que taper sur le FN contribuait à le faire monter mais quand on voit qu’il fait 32% aux régionales dans cette région ça nous inquiète. On va les combattre jusqu’à la fin. » Même si le parti de Marine Le Pen s’en défend, selon SOS Racisme, ses thèses, son programme et sa philosophie sont racistes : « les déclarations de Marine Le Pen sur le Vélodrome d’Hiver (elle a déclaré que la France n’était pas responsable de cette rafle menée contre les juifs pendant la seconde guerre mondiale alors que les trois derniers présidents ont dit exactement l’inverse, ndlr) ça rappelle ses vieux démons antisémites même si aujourd’hui elle tape plus sur les musulmans. Elle fait beaucoup d’amalgames : si on l’interroge sur le terrorisme, elle parle d’immigration. Et si on l’interroge sur l’immigration, elle parle de terrorisme. »

« Quand elle parle de priorité nationale, qu’est-ce que qu’il y a derrière si ce n’est de faire de la discrimination un projet de société ? » se demandent encore les militants offusqués à la fois du comportement de la candidate frontiste mais aussi des autres candidats : « ils n’osent pas l’affronter, ils sont trop timides. Comme s’il ne fallait pas vexer ses électeurs… »

Déçue de la droite avec « son discours sur les effets positifs de la colonisation » et même de la gauche dont elle est pourtant proche (mais beaucoup moins depuis que François Hollande a proposé la déchéance de nationalité), SOS Racisme compte donc occuper le terrain jusqu’à la veille du vote du 23 avril. Samedi après-midi, l’association qui compte une vingtaine de membres actifs en Indre-et-Loire sera Place Jean Jaurès à Tours pour interpeller les passants. Elle fera de même ce dimanche avec un mur d’expression en centre-ville : « on veut montrer une France belle dans son métissage » concluent Pierre et Adrien.

Olivier COLLET

En Touraine, SOS Racisme explique avoir reçu une centaine de plaintes en 2016, dont deux qui ont débouché sur des procédures judiciaires. L’association dit par exemple recevoir régulièrement des témoignages pour des discriminations à l’embauche, au logement. Des jeunes issus de l’immigration auraient aussi du mal à trouver des stages. Un phénomène qui serait en augmentation ces dernières années, que ce soit à Tours ou dans l’agglo.