Tours

« Le patrimoine c’est les châteaux, mais pas seulement »

Passionnée d’histoire et de nature, Emilie Boillot propose des visites touristiques originales aux Tourangeaux qui veulent tout savoir sur leur département.

Elle aurait pu devenir archéologue, mais elle est devenue entrepreneuse dans le monde du tourisme. Originaire de la région parisienne, Emilie Boillot s’est découvert un vif intérêt pour les questions historiques dès l’âge de 8 ans : « j’ai visite un site archéologique du côté de Rambouillet dans les Yvelines et la seule chose qui comptait pour moi c’était d’observer le travail de tous ces gens. Du coup, à 10 ans, je savais déjà que je voulais devenir archéologue. »

Après le bac, c’est donc vers les métiers du patrimoine que s’oriente Emilie Boillot, notamment en faisant l’Ecole du Louvre. Après un total de 8 années d’études, elle débute sa vie professionnelle en tant que conférencière dans les châteaux et commence à s’intéresser de près à leurs jardins en échangeant avec les jardiniers et les paysagistes. Le début d’une nouvelle vocation : « il y a 20 ans d’écart entre la reconnaissance des monuments historiques et de leurs espaces verts alors que les deux vont ensemble.

Arrivée en Touraine, désormais installée à Azay-le-Rideau, Emilie Boillot travaille pour plusieurs sites tourangeaux comme la château d’Azay, celui du Rivau ou encore le Musée Rabelais de Saché puis finit par lancer son entreprise l’an dernier, en 2016 : Touraine Terre d’Histoire. « Les Tourangeaux sont désireux de redécouvrir leur patrimoine sous un autre cadre » explique aujourd’hui celle qui veut « soutenir l’économie locale » plus que l’économie touristique et s’adresse donc en premier lieu à la population d’Indre-et-Loire, en famille avec les enfants, seul ou en groupe.

Via des partenariats avec différents monuments et sites culturels (Château du Rivau, Jardin Botanique de Tours, caves à vin, les potagers en carré d’Azay-le-Rideau, le Château Gaillard d’Amboise…), Emilie Boillot cherche à proposer un programme original et novateur, axé sur la découverte historique et naturelle : « je veux casser les frontières, offrir une vision plus large du patrimoine, que les gens se l’approprient pour être derrière plus respectueux de l’environnement, l’entretenir et le protéger. Le patrimoine, ça ne s’arrête pas aux châteaux. C’est ce qui appartient à l’humanité, il faut le préserver, et ça intègre aussi la gastronomie ou les métiers anciens comme ces artisans d’art qui entretiennent les vieilles pierres. On ne peut pas se contenter de faire des fouilles dans un coin sans expliquer le travail et les visées à long terme de la conservation du patrimoine. »

Dans son programme 2017, Emilie Boillot propose par exemple la découverte d’un vignoble avec sa gentilhommière vieille de 500 ans, une balade à vélo de 3h en bord de Loire au départ de Bréhémont, un atelier pour valoriser « les mauvaises herbes » mais aussi des visites guidées et détaillées du Jardin Botanique de Tours : « déjà au XIXème siècle, son deuxième directeur déplorait que les Tourangeaux se désintéressaient du jardin. Ils s’y promenaient et s’y promènent toujours sans s’attarder sur les étiquettes des plantes. C’est pourtant un jardin avec une collection vivante, fait dans une volonté d’instruire le public, communiquer sur la préciosité des plantes, le tout créé par un médecin et un pharmacien. Mon objectif, c’est de faire en sorte que les gens y soient encore plus attachés. » Le prochain circuit y est prévu le 13 mai, plus d’infos sur touraineterredhistoire.fr.

 Olivier COLLET