Tours

Halles de Tours : quel visage d’ici 2030 ?

La mairie lance un appel à projets pour rénover le bâtiment en profondeur et y accueillir de nouveaux commerces ou services.

On ne va pas se mentir : les Halles de Tours c’est top pour tout ce que l’on peut y trouver à manger, il y a plein de bons bars et restaurants aux alentours, un excellent marché… Mais le bâtiment est, pour rester poli, peu adapté à son environnement. Certains le voient comme une grosse verrue au cœur d’un quartier qui aurait pourtant vocation à attirer encore plus de monde, des touristes par exemple. Sans aller jusqu’à les raser (n’allez surtout pas imaginer que la ville puisse avoir cette ambition, vous risqueriez d’énerver du monde), la mairie veut profondément rénover ces Halles à l’horizon 2030 au plus tard et lance donc un appel à projets et à idées pour imaginer un nouveau centre commercial de centre-ville à vocation gastronomique « et où la qualité reste une priorité. »

Le problème des Halles, c’est que non seulement, vues de l’extérieur elles ne font pas rêver, mais en plus elles subissent de plein fouet la concurrence, genre celle du magasin Grand Frais qui s’est installé sur les bords du Cher à la frontière Tours-La Riche. Son avantage : le sacro-saint parking, tandis que ceux qui veulent se rendre aux Halles en voiture s’arrachent les cheveux pour trouver une place et pestent sur le coût élevé du parking souterrain où ils finissent par se retrancher, en particulier les jours de marché.

Bref, une fois ce constat posé, on voit clairement qu’il y a du boulot pour assurer un bel avenir aux 81 commerçants installés au rez-de-chaussée et, au passage, trouver un moyen de rendre les étages situés au-dessus (8 000m²) un peu plus utiles et accueillants. « C’est un lieu très bien placé et qui doit être un point central de l’activité de notre ville comme le CCCOD ou le Haut de la Rue Nationale » plaide le maire tourangeau, Serge Babary. « Le bâtiment a 35 ans, il faut donc réfléchir à sa reprise d’une façon ou d’une autre via une réhabilitation partielle ou totale, notamment en le mettant aux normes. »

Alors qu’elles ont fêté leurs 150 ans en 2016 (et donc que la construction qui les héberge actuellement en a 35), les Halles tourangelles « doivent se renouveler dans leur offre, leur look » affirme encore Serge Babary, d’ailleurs soutenu en ce point par le président de l’association commerçante : « on sait qu’il faut refaire des travaux dans les commerces tous les 7 à 10 ans, là ça fait 35 ans » avance François Serin, se félicitant par ailleurs de la volonté de la ville d’associer les occupants des Halles dans le processus de réflexion. « C’est juste super ! » s’enflamme-t-il faisant presque rougir le maire de Tours qui n’a pas forcément l’habitude d’autant de compliments (et qui parie donc sur la co-construction dès le début de son projet, ce qui est aussi une évolution, il cite d’ailleurs Paris en exemple sur ce point).

« On a une capacité réelle d’accueillir de nouvelles activités ici, notamment en lien avec la Cité de la Gastronomie » souligne encore la ville (à se demander pourquoi cette dernière n’a pas directement été implantée aux Halles, d’ailleurs…), « ce que l’on veut c’est changer le niveau de notoriété et d’attractivité du lieu. » Voilà donc les bases du cahier des charges posées pour les investisseurs potentiellement intéressés par ce chantier. Et, oui, on a bien employé le mot investisseur. S’il n’est pas encore chiffré, il ne fait aucun donc que le coût de ce projet sera particulièrement conséquent, et la ville n’a pas vraiment de quoi tout financer (y compris avec le concours de Tours Métropole), Serge Babary a donc clairement fait comprendre qu’il cherchait des partenaires privés pour financer tout cela, se mettant à rêver d’avoir des Halles comparables à Barcelone ou à celles de Florence car dans la ville italienne, « depuis leur rénovation elles accueillent la moitié des 3 millions de touristes qui visitent la ville chaque année. »

Au final, et plus que le bâtiment en lui-même, c’est tout le secteur autour des Halles que le maire de Tours veut « repenser » : « il faut par exemple réfléchir à la circulation, voir comment on peut la maîtriser alors que 14 000 véhicules passent ici chaque jour. Il faut travailler sur le stationnement, les cheminements vélo.. » En tout cas, pas de piétonisation envisagée (sauf peut-être pour la Place du Grand Marché), car le tour des Halles mène directement au Pont Napoléon et que dévier toutes les voitures pourrait entraîner des risques de gros bouchons ailleurs (Rue Giraudeau, notamment).

Le diagnostic étant établi, d’ici cet été, les candidats souhaitant plancher sur la rénovation des Halles vont donc pouvoir déposer leurs dossiers, trois d’entre eux seront sélectionnés avant le choix définitif d’un projet d’ici un an. Un calendrier assez rapide, mais pour l’instant on ignore totalement quand les travaux pourraient débuter (avant 2020 probablement, mais c’est la seule indication). Parmi les conditions au cahier des charges : les opérations ne devront pas perturber durablement le commerce (hors de question de fermer les Halles). Sur le reste, tout semble ouvert : plus d’accès vers l’extérieur, l’installation de restaurants au cœur du bâtiment, des activités gastronomiques… Toutes les pistes semblent envisageables, la municipalité ne paraissant pas avoir d’idée arrêtée sur ce qu’elle désire.

Olivier COLLET