Tours

DONATION CLIGMAN A TOURS : On repart (presque) à zéro

Les travaux prévus au Château de Tours sont reportés.

Il peut s’en passer des choses en un week-end... Vendredi après-midi, le maire de Tours annonçait que le Château de Tours allait être réaménagé afin d’accueillir les 1 200 oeuvres données par le riche industriel Léon Cligman, une perspective qui éloignait les expositions photo du Jeu de Paume se retrouvant ainsi SDF. La perspective a déclenché une vive polémique, avec plus de 1 500 signatures pour une pétition lancée dans la foulée par des Tourangeaux attachés aux propositions culturelles de l’institution parisienne, souvent exceptionnelles (lire notre article précédent).

On en était donc là ce lundi en début d’après-midi, et le sujet promettait de faire débat au conseil municipal, les élus ayant deux délibérations à voter pour confirmer le programme de travaux. Oui mais voilà : dès le début de la réunion, le maire Serge Babary a annoncé leur suppression. Il s’en est expliqué : « vendredi soir nous avons reçu un document de la part de Monsieur Cligman qui modifie la gouvernance du fonds de dotation ce qui nous oblige à une lecture juridique précise avant de prendre une décision. Il faut rediscuter. La signature est donc suspendue. Tout cela tombe à l’eau. »

Une complexité de plus donc dans ce dossier lancé avant l’été, présenté comme une opportunité mais rapidement devenu un cadeau empoisonné pour la ville. Au départ, Léon Cligman voulait abriter ses oeuvres dans une aile récente du Musée des Beaux-Arts dont la construction a été refusée par une commission nationale, et donc maintenant la perspective du Château de Tours où la ville lui a offert la possibilité de se rapatrier (sachant que c’est Cligman qui lui-même qui a fait part de son intérêt pour le lieu après l’avoir visité) pose aussi problème.

Via Nicolas Gautreau, l’opposition a saisi l’occasion pour savoir si ce report pouvait sauver le partenariat avec le Jeu de Paume qui a déjà prévu d’oganiser son exposition estivale à Nîmes plutôt qu’à Tours.

Réponse du maire : « la discussion est remise à plat, tout est possible. Je regrette la complication autour de cette chance historique. En tout cas on reste attaché au Jeu de Paume. J’ai vu la pétition : qui attaque la photographie ? Personne. A partir d’un élément très positif on finit par rendre les choses difficiles et impossibles. J’essaierai donc de les dénouer pour garder le Jeu de Paume et la donation Cligman après des négociations sérieuses. » Ce qu’a aussi confirmé l’élu en charge de la culture Christine Beuzelin, bien plus énervée que d’habitude : « j’ai écouté les inquiétudes des uns et des autres, on fera tout pour garder le Jeu de Paume. »

La ville fait donc de la calinothérapie auprès du Jeu de Paume qui semble avoir été clairement vexé par la perspective de son départ du Château de Tours, tout en essayant de ne pas frustrer la famille Cligman qui a des appuis jusqu’à l’Elysée. A ce niveau-là ce n’est plus de l’équilibrisme, c’est du funambulisme au-dessus du Grand Canyon.

Olivier COLLET