Tours

Foyer Albert Thomas : une lettre au président de la Croix Rouge

Elle est signée du comité de soutien aux résidents et aux ex-salariés.

Fin 2016, le foyer Albert Thomas de Tours, dédié à l'hébergement d'urgence, a été placé en liquidation judiciaire à cause de 60 000€ de trou financier. Une mobilisation s'est engagée pour le sauver, à son issue la Croix Rouge a été désignée pour reprendre la structure. Mais tout n'est pas encore réglé à en croire cette lettre publiée cette semaine par le comité de soutien aux résidents et aux ex-salariés et adressée au président national de l'association...

Pour tout comprendre, retrouvez nos articles sur le sujet ici

"Depuis l’annonce le 23 décembre 2016 de la liquidation de l’Association Accueil Albert Thomas, un comité de soutien au foyer Albert Thomas s’est constitué afin de s’assurer :
- De l’inconditionnalité de l’accueil et du maintien de cet accueil conformément aux articles L 345-2 et L 345-3 du Code de l’Action Sociale et des Familles
- Du maintien des résidents dans le foyer Albert Thomas jusqu’à ce qu’une solution adaptée, durable et digne leur soit proposée.
- De la reprise des salariés, compétents et expérimentés
 
Depuis cette date, les résidents, qui ont déjà connu des parcours difficiles avant d’être accueillis au foyer Albert Thomas, et ne sont en rien responsables de cette situation, ont choisi de  s’organiser en autogestion au quotidien pour faire vivre le foyer, et ce, notamment grâce à la solidarité mise en place autour d’eux.
 
Nous avons appris dernièrement que votre association a été choisie par la DDCS 37 pour la reprise de la gestion du foyer Albert Thomas.
 
Si dans un premier temps cette nouvelle nous est paru satisfaisante au regard des valeurs que véhicule votre association, nous constatons aujourd’hui que les conditions de reprise annoncées semble ne pas garantir la décence et la pérennité de l’accueil des résidents.
 
En effet, il semble que le projet social retenu (qu’il n’a toutefois pas été possible d’obtenir) prévoit :
- la fermeture du foyer entre 8h et 18h,
- le maintien des résidents actuels durant seulement un mois (avec une remise  à la rue à cette issue si aucune solution individuelle n’a été trouvée)
- la nécessité d’appeler le 115 chaque jour, sans garantie de réponse positive,
- la sélection des personnes orientées en fonction de leur statut administratif,
- la disparition des 16 places HUDA existantes,
- la non reprise des ex-salariés.
 
Ces conditions de reprise nous paraissent contraires à vos 7 principes fondateurs que sont l’humanité, l’impartialité, la neutralité, l’indépendance, le volontariat, l’unité et l’universalité et qui sont les bases de vos actions internationales.
 
Toutes nos demandes de rencontre avec votre antenne locale pour évoquer ses sujets sont restées sans suite, la directrice régionale refusant tout échange avec le comité de soutien mais se satisfaisant néanmoins du bon fonctionnement du foyer dans l’attente de la reprise effective dont la date ne cesse d’être repoussée, et sans se préoccuper notamment de savoir si les résidents ont les moyens nécessaires pour répondre ne serait-ce qu’à leurs besoins d’hygiène et de restauration dans l’attente.
 
Nous exigeons donc que la Croix Rouge Française s’explique de manière écrite, transparente et honnête sur :
- les conséquences pour les résidents de cette reprise (que deviendront-ils après un mois si une solution pérenne n’est pas prévue en terme de logement et de papier ? pas d’obligation d’appeler chaque jour le 115 ?)
- les moyens prévus pour assurer un accompagnement efficace des résidents (nombre exact de salariés en CDI, en CDD, reprise des salariés qui le souhaitent, reprise de l’ancienneté…)
- la compatibilité des horaires avec une « vie normale »

C’est pourquoi, nous sollicitons une rencontre rapide avec vos services, et vous demandons de mettre en place les conditions dignes et nécessaires de reprise du foyer Albert Thomas par le biais d’un projet social qui respecte vos valeurs fondamentales."