Tours

METROPOLE DE TOURS : La création officialisée le 22 mars

Beaucoup de voix saluent cette accélération du calendrier, mais le projet suscite encore des réticences.

La réunion devait être courte, mais elle a pris plus de temps qu’on aurait pu l’imaginer et les élus tourangeaux ont raté le début du film ce jeudi soir. La cinquantaine de conseillers communautaires de la communauté urbaine Tour(s)Plus se sont rassemblés aux Deux-Lions avec un seul sujet à l’ordre du jour : le transformation en métropole. Après 15 mois de tractations, la loi qui permet à Tours et ses 21 communes satellites d’accéder à ce statut octroyé à 22 villes françaises seulement a été promulguée. Un acte « historique » disent beaucoup d’élus qui ont donc pris le temps de dire en détail tout ce qu’ils voulaient sur cette question...

« Tout cela n’a été possible que grâce à l’engagement de chacune et de chacun » a souligné Philippe Briand, appelé à présider cette métropole baptisée Tours Métropole Val de Loire. « Le monde rural et urbain ainsi que les entreprises nous ont soutenu à l’unanimité. C’est une réussite collective, chacune et chacun d’entre vous porte une part de ce succès » a ajouté l’élu Les Républicains déjà intégré au club des métropoles lors d’une réunion chez le premier ministre la semaine dernière à Paris, en attendant la signature officielle et définitive.

A l’origine programmée pour le 1er janvier 2018 puis avancée au 1er juillet cette dernière devrait d'ailleurs être officialisée dans moins de deux semaines, le 22 mars, lors d’une cérémonie à Tours avec le ministre en charge de ce dossier Jean-Michel Baylet. Mais il ne faut pas traîner : d’ici là, les 22 conseils municipaux doivent examiner le projet d’évolution métropolitain (seul celui de St-Pierre-des-Corps devrait s’y opposer) et 4 ministres doivent parapher le décret.

« La métropole doit avoir un effet moteur et nous booster. Ca va nous donner des responsabilités très fortes » a encore poursuivi Philippe Briand qui espère profiter de rallonges budgétaires de l’Etat pour les assumer. 150 millions d’euros sont prévus cette année (d’où sa demande d’avoir précipité le calendrier pour la signature du gouvernement).

Avec cet argent, que faire ? « Nous aurons à travailler sur les politiques sportives dont un plan piscines, la construction d’une nouvelle patinoire car celle de Tours et Joué-lès-Tours sont osbolètes, accompagner le projet de 500 millions d’euros d’investissements du CHU et voir notre capacité à construire une Arena pour accueillir du public. A Orléans où ils ont un projet similaire pour 10 000 personnes ils ont déjà des demandes de réservations pour des événements en 2022 ou 2023... » Et Philippe Briand d’annoncer aussi que ça va (enfin !) bouger dans le domaine des transports et sur le sujet attendu de la seconde ligne du tramway : « dans les jours qui viennent, on va présenter aux villes de La Riche, Tours et Chambray-lès-Tours un éventuel projet. »

Philippe Briand a aussi annoncé une réunion le 8 avril avec le président du Conseil Départemental d’Indre-et-Loire et les 10 autres communautés de communes du département. Signe affiché que la métropole ne veut pas éclipser le milieu rural. Mais ça ne suffit pas à rassurer tout le monde : la maire communiste de St-Pierre-des-Corps Marie-France Beaufils a voté contre avec deux autres élus (Martine Belnoue et Michèle Launay) car elle craint que la métropole épuise les communes autour : « dans l’Hérault c’est difficile autour de Montpellier. Il faut être vigilant sur la façon dont on va travailler la réponse apportée aux habitants » a-t-elle ainsi souligné.

« C’est un passage en force et dans l’urgence » a pour sa part déploré Martine Belnoue, également élue à St-Pierre-des-Corps indiquant que dans les 15 métropoles déjà existantes, ce statut « n’avait pas réglé le problème de la pauvreté. »

Michèle Launay a elle estimé que les habitants avaient été trompés : « on leur a promis que ce statut permettrait d’obtenir chaque année 6,8 millions d’euros de l’Etat or cela correspond à la somme que l’on perd suite à la baisse des dotations. » Donc l’opération est nulle. « Les citoyens de nos communes ont été les grands oubliés, alors qu’aujourd’hui il est encore plus incontournable que jamais de faire avec eux, d’organiser sous des formes diverses des consultations pour les associer réellement avant que les décisions soient prises. »

Des arguments qui n’ont pas convaincu la majorité, le maire de Tours Serge Babary tranchant notamment avec ces mots : « dans un monde urbanisé, c’est ensemble que l’on sera plus fort. C’est une étape nécessaire et positive. Apprenons à partager ce qualificatif de Tours Métropole Val de Loire. »

Olivier COLLET