Tours

A Tour(s)Plus, pas de revalorisation des impôts et 55 millions d’investissements

La future métropole prépare son budget 2017.

Peu de voix se sont élevées pour critiquer la vision budgétaire de Tour(s)Plus lors du conseil communautaire de ce lundi soir. Globalement, les orientations budgétaires font consensus auprès des élus des 22 communes de la Communauté Urbaine, appelée à devenir une métropole dans les semaines à venir.

Présenté par Christian Gatard (PS), le rapport qui définit la santé financière de l’agglomération indique que « le désendettement se poursuit malgré la prise de nouvelles compétences au 1er janvier 2017. » Ainsi, Tour(s)Plus totalise 407 millions d’euros de dettes, « nous l’avons réduite de 13,3 millions d’euros depuis 2015 » souligne le vice-président en charge du budget. Par conséquent, pas besoin d’augmenter les taux d’imposition de l’agglomération cette année.

D’ailleurs, au sujet de la fiscalité, même sans revalorisation les recettes fiscales sont en progression : 126,9 millions sont attendus dans les caisses de l’agglomération pour 2017, +2,74% par rapport à 2016. Une enveloppe tirée vers le haut grâce aux impôts des entreprises (53 millions d’euros espérés soit une hausse de 5%), +0,4% pour les ménages (quand la population augmente, le nombre de foyers qui payent des impôts augmente mécaniquement) et pour la taxe sur les ordures ménagères. Et, de manière surprenante alors que le tourisme n’est pas forcément au beau fixe : +35% de taxe de séjour, soit 1,5 million d’euros.

Toujours sur le plan des recettes, en 2017, Tour(s)Plus va pouvoir compter sur un bonus de la part de l’Etat : 6 millions d’euros, grâce à son passage en communauté urbaine (sans compter donc les futures subventions allouées aux métropoles). Au total, Paris verse 38,9 millions d’euros à la communauté urbaine tourangelle, soit 60€ par habitant contre 48 lorsqu’elle était seulement une communauté d’agglomération.

Alors comme il y a plus d’argent qui rentre dans les caisses, ça permet de ne pas trop emprunter et de faire des projets : « exceptionnellement nous allons augmenter les fonds versés aux communes de 20% » a souligné Christian Gatard. Au total, cela va représenter plus de 4,5 millions d’euros pour les projets des 22 mairies. Quant aux investissements, 55 millions d’euros seront programmés « mais on ne peut pas donner la liste aujourd’hui, les arbitrages sont en cours » explique le vice-président. Réponse espérée d’ici un mois, donc. A noter tout de même que maximum 40% de ces investissements pourront être financés par des emprunts.

Cette vision des choses a fait râler Emmanuel Denis (EELV) : « on a assez peu d’éléments sur les orientations que vous souhaitez. Ce débat est hypocrite parce qu’on sait bien que tout est déjà décidé depuis un moment, et heureusement d’ailleurs. Moi je voudrais proposer que l’on puisse avoir des commissions spécifiques dédiées aux investissements pour échanger notamment sur les études à lancer avant la réalisation de certains projets. » Après s’être battu pendant 3 ans pour la création d’une commission des finances (qui vient de voir le jour), voici donc le nouveau combat de l’élu écologiste.

Le soutien aux associations a aussi fait débat. 4,75€ de subventions seront accordées par habitant. Michèle Launay espérait une hausse : « il n’y a pas eu de hausse depuis trois ans. En terme d’affichage, Tour(s)Plus aurait à gagner à augmenter la somme. » Mais pour le président Philippe Briand, c’est plutôt aux communes de subventionner les associations, « d’où l’augmentation de 20% du fonds de concours aux mairies » a-t-il justifié en ajoutant : « je refuse que l’on tombe dans la subventionite (sic) de petits machins. Nos priorités ce sont plutôt les grands projets comme une patinoire commune à Tours et Joué-lès-Tours, l’achèvement du plan piscine ou un projet d’Arena. » Il a tout de même laissé une porté entrouverte : « on verra l’année prochaine si on peut faire un petit quelque chose pour les associations. » D’ici là, l’agglo aura surtout une meilleure idée de ce que l’Etat peut lui donner comme sous grâce à son passage en métropole. L’enveloppe nationale (à partager en 22) est de 150 millions d’euros.

Olivier COLLET