Tours

Tours Métropole : "maintenant, ça va aller très vite"

Les élus espèrent un décret rapide pour confirmer le changement de statut de l'agglomération.

"Pari tenu", "jour historique", "fierté", "un nouveau chapitre de l'histoire de la Touraine", "un territoire qui gagne en puissance", "le fruit d'un travail de longue haleine", "la réalisation du rêve de Jean Germain", "la Touraine au rendez-vous de son avenir", "un défi à relever ensemble"... Ce jeudi, alors que l'Assemblée Nationale vient d'adopter la loi qui doit permettre à Tours de devenir une métropole, à droite comme à gauche, les élus se congratulent. Ils se félicitent d'avoir réussi à travailler ensemble et nous présentent un peu ce mot "métropole" comme le remède à bien des difficultés. Aucun mot n'est trop beau, tous les superlatifs sont autorisés.

Après un an de combat, ce projet né dans la bouche du préfet d'Indre-et-Loire Louis Le Franc et repris à leur compte les députés Gille (PS) et Briand (LR), le maire de Tours ou encore le président du Conseil Départemental est presque à son terme et semble prêt à aboutir. Alors que la France compte aujourd'hui 15 métropoles, Tours va pouvoir intégrer ce club des très grandes villes (avec Orléans, Dijon, Metz, Toulon...). Au total, elles seront 22. 22 agglomérations qui comptent sur leur aura pour convaincre l'Etat d'investir en masse pour les soutenir dans leurs grands projets (chez-nous c'est l'université, l'hôpital, la deuxième ligne de tramway...).

"Maintenant, tout va aller très vite" promettait ce jeudi soir le patron de Tour(s)Plus Philippe Briand. Après ce vote des députés, il faut attendre un décret du président Hollande puis un autre du 1er ministre Bernard Cazeneuve. Après ces deux signatures, Tours sera vraiment une métropole. Mais les choses ont déjà commencé à changer : "nous allons désormais toucher 8 millions d'euros supplémentaires chaque année et ce dès 2017" assure Philippe Briand, sans dire à quoi ils serviront précisément et en ajoutant aussi que "ça ne compense pas les 19 millions de baisses de dotations de l'Etat."

8 millions d'euros, tout de même. Une super-prime pour ce qui devient une super-agglomération. Tours Métropole, ce n'est plus "seulement" la gestion des transports, de la politique économique, des déchets ou de la culture mais aussi celle de la voirie, de l'eau, des espaces verts et même un peu de social. La future métropole aura plus d'élus (à partir de 2020), plus de pouvoir. Mais quel effet réel sur le terrain ? Et surtout, dans quels délais ? Voilà une bonne question à laquelle on a pas encore vraiment la réponse. La métropole est aujourd'hui un joli mot, demain un beau logo, et après-demain il lui faudra prouver son efficacité. Un défi de taille pour des élus qui comptent beaucoup sur elle pour redonner à Tours les lettres de noblesse qu'elle aurait perdues.

Olivier COLLET