Tours

« On ne peut pas toujours tout faire »

Le maire de Tours a entamé ses vœux au Sanitas ce mardi soir.

Cette année, Serge Babary n’a pas seulement réduit le nombre de cérémonies de vœux dans les quartiers de Tours (17 en 2016, 5 en 2017), il a aussi remplacé la séance des questions-réponses en public par l’ouverture d’une sorte de livre d’or à l’entrée de la salle, afin de pouvoir répondre après coup et précisément aux questions des habitants, tout en promettant des visites de terrain, notamment auprès des associations. Moins intime, ce nouveau dispositif n’a cependant pas empêché le maire et ses adjoints de discuter assez longuement avec l’assistance après le discours réglementaire donné ce mardi au Palais des Sports. Cela dit, on aurait pu penser que plus de monde se déplacerait pour écouter ce que le premier magistrat de la ville avait à dire alors qu’il approche de la moitié de son mandat. Au final, ils étaient une centaine (sans compter les élus ou les militants). Pour les absents, petit résumé…

En préambule, Serge Babary a esquissé un slogan : « agir pour rassurer ». Il se dit conscient du fait que les Tourangeaux sont parfois « désemparés, découragés, désespérés » (la liste était plus longue sauf qu’on n’a pas eu le temps de tout noter), « mais la vie continue » et « on ne peut pas toujours tout faire » a souligné l’élu devant les habitants des quartiers de Tours Est. Juste après, il a logiquement fait référence aux violences qui ont émaillé le Sanitas pendant les vacances de Noël (des coups de feu qui ont fait des blessés sur fond de trafics de drogue, entraînant l’intervention de CRS mobilisés plusieurs jours dans le quartier) : « je n’accepte pas la mise en danger de familles ou les menaces contre les forces de l’ordre. » Avant de se déclarer impuissant : « au-delà des CRS, la République n’a pas d’autres solutions. »

Le maire est ensuite revenu sur l’actualité du quartier et les travaux attendus : il promet d’étudier la question d’une rénovation du centre commercial de La Rotonde qui pose des problèmes d’accessibilité avec ses marches près des boutiques et se dit conscient de l’état détérioré de la voirie dans le secteur rappelant tout de même que « sur 400km de rues à Tours, on ne peut refaire que 20km par an. » Donc qu’il va falloir faire des choix. Mais le gros chantier qui se profile n’est pas de son ressort, c’est celui de la rénovation des bâtiments chapeauté par l’ANRU (dispositif national) et Tours Habitat autour de la Place St Paul notamment : « vous serez associés à la réflexion qui débutera d’ici le mois de mars » a promis Serge Babary aux résidents.

Refusant les critique sur l’immobilisme de la ville, définissant son action comme « volontaire », le maire de Tours a poursuivi son discours par une énumération des réalisations des derniers mois (les fêtes de St Martin, la Maison de la Réussite, le Conseil Municipal des Jeunes, le marché des Deux-Lions…) avant d’annoncer les projets à venir : réfection de la Place Châteauneuf, travaux du Haut de la Rue Nationale « pour qu’elle gagne en stature et en majesté », construction d’un nouveau cinéma à Tours Nord (« enfin on va pouvoir travailler ») et bien sûr la transformation très probable de l’agglo de Tours en métropole, « indispensable pour soutenir l’économie et l’emploi. »

Bilan : des vœux sobres, sans enluminure, adaptés au « budget contraint » de la ville. Il reste à Serge Babary à être le maire qui améliore l’ordinaire, écoute et résout les problèmes du quotidien, un numéro d’équilibriste difficile où il semble avoir bien du mal à trancher et contenter tout le monde (et il le déplore lui-même regrettant « les aspirations contradictoires » des habitants sur certains sujets). Résultat : on a senti la salle frileuse. En 2017, l’élu et ses adjoints vont devoir faire preuve de patience, de pédagogie et de doigté pour convaincre.

O.C.

A retenir aussi : cette année, tous les discours du maire de Tours seront traduits en simulatiné en langue des signes, afin d'être accessibles pour les personnes sourdes ou malentendantes.