Tours

Le Foyer Albert Thomas s’incruste aux vœux du maire de Tours

Échange musclé entre des militants et Serge Babary ce mardi soir.

C’était prévisible, presque écrit d’avance. A l’occasion de la première réunion de vœux du maire de Tours ce mardi soir dans une salle du Palais des Sports, juste à la fin de son discours, une dame s’est levée et a interpellé Serge Babary. Le sujet ? Le Foyer Albert Thomas, qui permettait d’héberger 36 hommes, et officiellement fermé depuis le 26 décembre suite à la liquidation judiciaire de l’association qui le gérait.

Pour débuter son propos, la militante membre du comité de soutien (qui appelle à manifester jeudi à 18h) a rappelé à l’élu qu’il y a deux ans, il avait dit qu’il trouvait inadmissible que des personnes dorment dans la rue à Tours, ajoutant dans la foulée que, selon elle, une centaine de personnes sont chaque jour sans solution d’hébergement malgré leurs appels au 115, le numéro d’urgence des SDF : « un foyer ferme alors qu’il en faudrait 2 ou 3 autres. »

Piqué au vif, Serge Babary a répondu, avec un agacement non dissimulé : « vous ne pouvez pas exploiter la misère humaine. La politique politicienne ça n’intéresse personne et vos propos sont faux. » Il a ainsi précisé sa pensée insistant sur le fait que si la mairie est bien propriétaire des locaux et qu’elle subventionne le foyer (le maire a dit à hauteur de 20 000€ au micro, mais c’est seulement l’avance versée pour 2017, pour toute l’année 2016, le chiffre s’approche en réalité de 80 000€), « le reste est du ressort de l’Etat, même si vous ne voulez pas le comprendre. »

Il a aussi critiqué le fait que le foyer était « utilisé par des demandeurs d’asile et non pas par des SDF. Pour les demandeurs d’asile, ils ont des droits, mais via d’autres dispositifs. Or ils se sont installés dans la durée alors qu’il s’agit d’un hébergement d’urgence. Ce décalage n’est pas admissible. » Face à la grosse dizaine de personnes venues faire entendre leur voix, Serge Babary s’est aussi exprimé sur l’avenir de ce foyer : « il n’est pas question de le fermer » a-t-il lancé, renvoyant vers l’appel d’offre que la préfecture va lancer afin qu’une association prenne la suite de celle qui vient de jeter l’éponge. « L’affaire de quelques semaines » selon le maire.

De son côté, suite à notre article publié lundi soir, la préfecture d’Indre-et-Loire nous indique que l’appel en question sera finalisé d’ici la fin du mois de janvier avant d’être publié. « Les locaux actuels conviennent (pour l’hébergement d’urgence, ndlr) mais c’est à la ville de Tours, propriétaire des locaux, de faire savoir si elle accepte de maintenir son usage actuel » ajoutent les services de l’Etat. La décision ne semble pas encore totalement prise du côté de la municipalité. En tout cas pour l’instant, et malgré l’occupation des lieux, la mairie n’a pas demandé d’évacuation. Elle a par ailleurs mis à disposition le gymnase Racault pour un hébergement nocturne. Un site boudé par les résidents, « qui n’y sont pas allés sous votre pression » a lancé le maire aux manifestants. Pas convaincu, le groupe s’en est allé peu après, surveillé de près par les agents de la police municipale présents…

O.C.