Tours

« Mon Souvenir de 2016 » : Enzo Petillault

Programmateur du festival Aucard de Tours.

Une nouvelle année touche à sa fin... En Touraine comme ailleurs, 2016 a été riche en actualité. Chacun l'a vécue à sa manière. Comme l'an dernier, nous avons donc proposé aux Tourangeaux de nous raconter ce qui a été important pour eux ces derniers mois... Qu'ils soient artistes, engagés en politique, sportifs ou issus du monde économique, nous les avons tous croisés au cours d'un reportage, d'une interview ou d'un événement. C'est l'occasion de prendre de leurs nouvelles mais aussi de mieux les connaître. Leurs textes seront publiés tout au long de ce mois de décembre...

 

Enzo Petillault est le programmateur du festival Aucard de Tours, organisé par Radio Béton. Cette année, l'événement n'a duré qu'une journée à La Gloriette à cause des inondations du mois de juin. D'où le titre de son texte emprunté au groupe The Wriggles : "plouf, la vie parfois fait plouf".

"Si l’humanité devait tirer le bilan de l’année 2016 comme au collège, on serait bon pour repiquer. Zéro en histoire, zéro en économie, zéro en SVT. Education Civique ? Zéro, pareil. Allez hop, on recommence !

Sur le plan personnel, le bilan aurait également pu être sans appel pour moi. Zéro en musique, t’es viré ! On a frôlé la fin d’une institution, d’un contre-pouvoir à sa manière, qui fêtait cette année son extraordinaire longévité : 32 ans. Peu sont les festivals de musique qui ont duré aussi longtemps, tout en gardant leur esprit contestataire et rigolard des débuts. D’un point de vue encore plus personnel, ça aurait également pu être l’année de la fin de mon job incroyable chez ce festival et cette radio, que j’exerce depuis 5 ans maintenant. Une aventure artistique et humaine que j’ai fait mienne, arrivant en tant que stagiaire, et occupant désormais le poste d’attaché de production et de co-programmateur avec une envie intarissable pour ce festival qui offre tant de liberté.

Tout ça aurait pu s’arrêter cet été, à la suite d’un caprice de la météo, qui a inondé la plaine de la Gloriette au plus mauvais moment, nous rappelant que finalement, on se démène mais on est peu de choses face aux forces de la nature. Cette vieille ritournelle des Tourangeaux des Wriggles a surgi dans ma tête en regardant le petit chapiteau les poteaux dans l’eau : « Plouf, la vie parfois fait plouf ».

Mon souvenir de 2016 part donc sur un sentiment très négatif, et de frustration, toujours pas digéré d’ailleurs. Une frustration devant cette 20aine de groupes des quatre coins du monde, qui n’auront pas foulé cette année la plaine de la Gloriette, qui n’auront pas réveillé cette année les oreilles et les pieds des fidèles et curieux spectateurs du festival.

Fort heureusement, ce souvenir s’est transformé en positif. Le soulèvement de soutien de la part de la population tourangelle a été un déclencheur et un révélateur pour beaucoup de bénévoles de l’association. Il était évident qu’Aucard ne pouvait pas en rester là, et c’est clairement ce qui a donné la force à toute une équipe de remonter un festival en un temps record, et d’investir l’île Aucard au mois d’août. Le succès a été au-dessus des attentes escomptées et a permis à Aucard de renaître de ses eaux. Trois jours de fête sous un soleil torride, avec un public déchaîné, une équipe de bénévoles incroyable, des artistes venus réellement pour soutenir le festival, et pas juste pour toucher un chèque. Que pouvait-on rêver de mieux, pour conclure cette incroyable épopée ?

Le souvenir se termine et se boucle en cette fin d’année, avec l’affiche de l’année 2017 à venir, très forte en symboles. L’affiche d’un vulgaire cactus, qui résume l’adolescence éternelle de ce festival et de cette radio, un affront au dieu de la météo, et finalement un geste qu’on avait tous envie de faire à cette année 2016, en espérant que 2017 aille (enfin) dans le bon sens pour le genre humain. Ce qui est certain, c’est qu’on aura beaucoup d’amour à donner du 13 au 17 juin sur la plaine de la Gloriette. Un amour revanchard, celui qui bouillonne au fond du ventre et qui n’attend que le bon moment pour exploser en joie.

Le rendez-vous est pris ?"