Tours

Bagages oubliés et colis suspects : une campagne pour éviter les démineurs

Cette année, ils sont venus une vingtaine de fois en Touraine, entraînant de grosses perturbations dans les transports.

50 000 passagers impliqués, 350 trains supprimés dont 50 TGV… Tout ça en 31 interventions sur la région dont 20 en Touraine. Ces chiffres correspondent aux désagréments entraînés par les colis suspects cette année rien que sur le réseau ferré régional… et ils ont pratiquement doublé en un an, « pas parce qu’il y en a plus, mais parce que les gens sont plus vigilants » explique la SNCF. Et à chaque fois il s’agissait de fausses alertes, autrement dit de bagages oubliés, donc les soucis listés ci-dessus auraient pu être évités. « Un bagage oublié devient automatiquement un colis suspect » résume le directeur régional de la SNCF Yvon Borri, et ce d’autant plus que la France est en état d’urgence prolongé depuis le 13 novembre 2015 (et jusqu’au 15 juillet 2017, au moins).

« Quand on trouve un sac abandonné dans le hall de la gare de Tours, c’est tout le trafic qui est arrêté. Dans un train en marche, ça peut entraîner la coupure de tout l’axe Orléans-Tours. » Conséquence : 2, 3 voire 4h de perturbations, le temps de la mise en place d’un périmètre de sécurité et surtout de l’intervention des démineurs qui viennent… de La Rochelle (et souvent en hélicoptère, ce qui coûte 16 000€ pour 2h, 3 000€ en voiture pour 6h d’intervention). Des problèmes qui peuvent aussi concerner Fil Bleu à Tours (c’est arrivé récemment dans un tram Place Choiseul, et 1h d’arrêt de la ligne c’est 6 000 voyageurs bloqués) ou les cars Fil Vert (les cartables oubliés par les enfants).

Pour tenter d’enrayer le phénomène, les transporteurs, la préfecture d’Indre-et-Loire, le département, la ville de Tours et la région lancent une grande campagne avec un slogan : petit oubli = gros soucis. « Trop souvent, les personnes ne signalent pas qu’elles ont perdu ou oublié un bagage. Elles considèrent que c’est trop tard et en font le deuil » déplore Loïc Grosse, directeur de cabinet du préfet. Pourtant, un geste simple comme un coup de fil à la SNCF, Fil Bleu ou à la police permettrait de lever le doute tout de suite et d’éviter de déclencher toute la machine, pour peu que le Tourangeau distrait vienne récupérer son bien. « Notre grosse inquiétude c’est sur les vendredis après-midis avec les personnes qui partent en week-end ou en vacances chargées, surtout en cette période de fêtes avec les cadeaux de Noël » s’alarme Yvon Borri pour la SNCF.

Alors bien sûr, demander aux gens de ne pas oublier leurs affaires c’est plus facile à dire qu’à faire. Du coup, l’idée c’est de rappeler qu’il faut bien étiqueter tous ses bagages avec son nom et son numéro de téléphone, un réflexe que trop peu de personnes ont alors que des étiquettes sont distribuées gratuitement dans les gares. Tout ça pour éviter que les vacances ne commencent avec du retard et un stress inutile. La campagne en question, composée d’affiches présentant plusieurs scénarios d’oublis qui se transforment en galère générale, est prévue pour s’étendre au moins jusqu’à l’été prochain.