Tours

21 millions d’€ sur la table pour soutenir les entreprises locales innovantes

De premiers dossiers sont en cours d’examen.

Il y a un an et demi, quand Tours et Orléans espéraient obtenir le label national du numérique French Tech (avant de se faire doubler par Angers), c’était un point fort et novateur du dossier : le fonds d’investissement. Les deux villes et la région se sont unies pour cofinancer (avec le privé) un organisme capable de prendre des parts dans les sociétés les plus innovantes du Centre-Val de Loire lors de leurs levées de fonds, et ainsi de les aider dans leur développement. Ce projet baptisé Loire Valley Invest se concrétisera au 1er trimestre 2017.

Créé pour une durée d’au moins dix ans, ce fonds sera doté de 21 millions d’euros répartis en 5 ans (voire moins). L’agglo de Tours mettra 2 millions (500 000 en 2017), autant que celle d’Orléans et que la région, le FEDER mettra lui 1 million, et les entreprises privées le reste (par exemple, la Caisse d’Épargne vient de s’engager à hauteur de 2 millions, et ce n’est pas la seule banque mobilisée). Une société dédiée (Go Capital, originaire de Rennes) sera chargée de gérer le fonds avec un salarié à Tours (basé à l’usine Mame) + 1 à Orléans. Un comité d’investissement de 7 à 15 membres et un comité d’orientation de 3 à 9 membres seront chargés d’étudier les dossiers, sachant que l’achat d’actions ne pourra pas dépasser un million d’euros par projet.

Pour bénéficier de ce fonds qui sera donc financé au tiers par de l’argent public (ce qui est assez inédit dans le Val de Loire), il y aura plusieurs règles : les entreprises devront obligatoirement avoir leur siège en Centre-Val de Loire (quelque soit le département), avoir moins de 6 ans, innover (dans l’agriculture 3.0, les objets connectés…) et elles devront respecter une certaine éthique (pas de lien avec les armes ou la pornographie, « et nous serons très vigilants sur les OGM » explique Thibault Coulon, l’élu qui suit le dossier de près). L’idée c’est bien sûr de créer de l’emploi… et que ce fonds dégage des bénéfices. Non seulement des dividendes seront versés en fonction des résultats des entreprises mais il espère également pouvoir revendre ses actions plus cher une fois le succès de la société acquis.

Le temps que les collectivités valident le principe définitivement, la mise en route est prévue pour le 1er trimestre 2017, « mais on commence déjà à étudier des projets dont un de Tours. On va attendre les bons dossiers et les fonds se libéreront au fur et à mesure. Ce n’est pas une logique de subvention mais de financement d’un projet que l’on aide à émerger. Nos entreprises ont souvent du mal à trouver des capitaux français par rapport à d’autres pays. Et si l’argent vient de l’étranger, bien souvent les créateurs doivent déménager alors que nous, nous voulons fixer ces entreprises sur le territoire » précise Thibault Coulon.

Olivier COLLET