Tours

LEGISLATIVES A TOURS : Céline Ballesteros entre en campagne à droite

Et charge déjà son adversaire socialiste Jean-Patrick Gille.

Céline Ballesteros veut être élue députée de la 1ère circonscription d’Indre-et-Loire en juin prochain. L’élue Les Républicains de Tours, actuellement adjointe au maire en charge du commerce et vice-présidente du Conseil Départemental pour le sport et la culture, se présente comme la candidate du renouvellement : 1 - c’est sa première tentative pour obtenir un mandat national et 2 - pour sa conférence de presse de lancement de campagne dans sa permanence de l’Avenue de Grammont elle avait convié toute la jeune garde du parti (les symboles, ça compte…). D’autres élus étaient là aussi pour lui faire part de leur soutien : Barbara Darnet-Malaquin, Julien Alet côté LR, Mauro Cuzzoni ou aussi Xavier Dateu, représentant le centre. Le patron LR du département Frédéric Augis – absent – est également derrière elle. En revanche, on attend encore la photo de Céline Ballesteros avec Françoise Amiot, autre élue de Tours qui voulait aussi se présenter aux législatives.

Cette dernière espérait encore il y a deux semaines… A l’issue du second tour de la primaire, l’adjointe qui qualifiait récemment Céline Ballesteros de « danseuse de ballet » demandait une primaire locale, se sentant légitime car elle avait soutenu François Fillon depuis le début de sa campagne alors que Céline Ballesteros l’avait seulement rejoint pour le second tour. Mais depuis, rien. L’affaire semble verrouillée au niveau local.

D’ailleurs Céline Ballesteros a toujours balayé cette hypothèse de primaire s’appuyant sur l’investiture obtenue du parti et n’en démord pas : « j’ai été nommée par Les Républicains, mon seul adversaire dans cette campagne ce sera le PS avec Jean-Patrick Gille » dit-elle. Un appel au rassemblement, sauf qu’elle sera loin d’être seule à droite : le FN, Debout la France et même l’UDI (via son collègue du conseil municipal de Tours Christophe Bouchet) pourraient se lancer dans la bataille. Avec le centre, « on attend un accord national et après on se positionnera » commente-t-elle sobrement.

En fait, en se lançant dès à présent, Céline Ballesteros compte occuper un terrain encore vide. Être la première en espérant faire la course en tête (attention quand même à la fable Le Lièvre et la Tortue). Et surtout, elle compte bien surfer sur la vague de François Fillon se présentant en gros comme l’animatrice de sa campagne présidentielle dans le département d’Indre-et-Loire : « à moi de mettre en marche la mécanique Fillon. Cette permanence servira aussi à organiser la campagne. On va travailler pour le porter à l’Elysée. »

Élue locale depuis deux ans et demi (si elle est élue, elle devra quitte son poste d’adjointe et celui de vice-présidente), la Tourangelle également chef d’entreprise annonce qu’elle va faire campagne pour soutenir le commerce local, lutter contre le RSI (Régime Social des Indépendants) ou encore les 35h dans la fonction publique. Encore peu affûtée sur les questions de politique nationale, elle veut interdire à tout Français parti en Syrie de revenir sur notre territoire, juge que l’objectif de 500 000 fonctionnaires en moins en 5 ans défendu par François Fillon c’est « peut-être un peu beaucoup mais tenable si on ne renouvelle pas un départ sur deux à la retraite » et ne veut pas que l’on diminue les postes dans la police, l’éducation ou la santé.

La candidate (qui choisira son suppléant ou sa suppléante début 2017) se dit « prête à battre le pavé jusqu’au 18 juin », « pour porter la métropole de Tours à l’Assemblée Nationale » parce qu’il faut « que la ville devienne plus attractive ». Et, avec un peu de mauvaise foi, elle ouvre les hostilités face au député sortant Jean-Patrick Gille : « il n’y a rien d’extraordinaire dans son bilan. Philippe Briand a décidé de mouiller sa chemise pour que Tours devienne métropole mais lui, avant, il n’en a jamais parlé. Que je ne l’entende pas dire ça. C’est un parfait suiveur, une girouette. » Cela dit, avant que le préfet ne lui souffle l’idée de la métropole, Philippe Briand n’en parlait pas beaucoup non plus…

Olivier COLLET