Tours

PRIMAIRE DE LA GAUCHE : 60 bureaux de vote en Touraine

Et combien de votants ? Réponse les 22 et 29 janvier.

On sort à peine d'une primaire à droite avec la victoire de François Fillon qu'un autre scrutin s'annonce. Bienvenue aux Primaires Citoyennes de la gauche et des écologistes (sans EELV et sans l'extrême gauche, peut-être avec le PRG). Bonne nouvelle : le nom est un peu plus sexy que celui du meeting du PS du week-end dernier (la Belle Alliance Populaire). Aux oubliettes aussi Eh Oh la Gauche. L'heure est grave. François Hollande étant dans les choux, le président en exercice ne souhaitant pas briguer un second mandat pour la 1ère fois dans l'histoire de la Vème République, la gauche doit se trouver un champion. Elle essaye donc via ce vote qui aura lieu les 22 et 29 janvier. Et il y a du monde au portillon.

Cette semaine, c'est à chaque jour son candidat : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Gérard Filoche, Benoit Hamon... Et, oh, Vincent Peillon ressort du placard où il était depuis son départ du ministère de l'Education et veut y aller. On attend jeudi prochain, le 15 décembre, pour avoir la liste définitive des prétendants au poste de candidat de la maigre alliance formée autour des socialistes, celui ou celle qui aura pour mission de faire bonne figure à la présidentielle avec la lourde tâche de faire mentir les pronostics qui voient déjà un duel Fillon-Le Pen au second tour (même si les pronostics sont de moins en moins fiables, ça va être une vraie aventure).

Alors en attendant le vrai début de la campagne, le PS commence le travail de terrain. Il faut déjà imprimer dans la tête des gens le concept même de cette primaire. Rappeler aux gens de gauche qu'il y a un enjeu en 2017 et que ce serait bien qu'ils se bougent aux urnes. Car on le sait : on va comparer le nombre de votants entre la primaire de droite et celle de gauche, en tirer des leçons et (encore !) des pronostics. Plus de 4 millions d'un côté contre, combien... ? En 2011, il y avait eu près de 3 millions de votants au second tour pour emmener François Hollande vers l'Elysée, 27 000 en Indre-et-Loire.

Donc en coulisses on s'active. En Touraine un comité d'organisation avec près de 15 personnes est en place autour de Franck Gagnaire, le jeune numéro 2 du parti aux côtés de Francis Gérard. La liste des bureaux de vote est quasi bouclée, il y en aura une soixantaine. Et avant même que l'on ne pose la question : "la droite annonçait 105 bureaux mais parfois il y en avait plusieurs au même endroit, jusqu'à 4. Et l'est du département était mal irrigué. Nous, nous avons fait le choix d'un bon maillage du territoire en regardant en détails la participation de la dernière fois."Voilà, il compare tout seul.

A Tours, 10 bureaux sont prévus. Comme pour la droite, il faudra signer une charte d'adhésion aux valeurs de la gauche et des écolos et payer 1€ (contre 2 chez les adversaires) : "c'est juste pour couvrir les frais" insiste Franck Gagnaire. Dans chaque bureau, il y aura trois responsables qui seront formés au préalable. Des représentants des candidats seront aussi amenés à vérifier que tout se passe bien. Quant aux horaires d'accès aux isoloirs : 9h-19h. Si vous vous êtes inscrits sur les listes électorales en 2016, vous devriez pouvoir voter mais il faudra vous signaler en amont.

"Pour cette primaire il y a deux schémas : soit une dynamique apparait avec une forte mobilisation, soit on n'arrive pas à faire comprendre l'importance de l'enjeu et à créer une dynamique et ça ne mobilisera pas" analyse le responsable socialiste. Du coup, il précise... et espère : "ce ne sera pas un congrès du PS. Si le débat se fait sur des personnalités on n'intéressera pas les gens. On a besoin de grandes orientations." Et il appelle donc Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron à rejoindre l'arène : "si la gauche veut être au second tour il faut mettre toutes les chances de notre côté. Il ne faut pas que la primaire ce soit le 1er tour de la présidentielle en avril. Plus la gauche sera divisée, plus les chances d'être au second tour seront faibles. Je crois au rassemblement. C'est un vrai challenge. Sur le papier, on n'est pas favoris. Mais je n'ai pas envie d'un choix Fillon-Le Pen."

Et Franck Gagnaire, qui n'a pas encore de candidat mais se prononcera bientôt, de conclure : "tous les gens qui prétendent représenter la gauche devraient se nourrir de la position de François Hollande qui a renoncé car il savait ne pas pouvoir rassembler sur sa personne. Ce n'est pas juste une aventure personnelle." Le message va-t-il passer auprès de la gauche et des Français ? On le saura dans à peine deux mois. Ca va se passer très vite. Entre la bûche de Noël, la galette des rois et la chandeleur. Bon appétit, bien sûr !

Olivier COLLET