Tours

Tours Métropole : le dossier arrive à l’Assemblée Nationale

Et les élus tourangeaux y croient plus que jamais.

C’est un dossier politique qui - présenté comme ça - n’est pas sexy mais qui pourrait bien changer la donne à l’avenir pour Tours et pour les Tourangeaux. On vous réexplique en trois lignes et demi : aujourd’hui, Tours est une agglomération mais elle veut devenir métropole. Comme Rennes, Lyon, Bordeaux… Donc compter dans le club des plus grandes villes de France. Si elle obtient ce statut, elle espère notamment bénéficier de plus d’attention de l’Etat en obtenant des crédits pour la santé, ou en attirant plus d’entreprises. Paris devrait également lui donner plus d’argent, on parle de 7 millions d’euros.

Voilà. Donc Tours veut changer de braquet, passer en première division. Mais ça ne se décide pas comme ça. Il ne suffit pas de s’appeler Tours Métropole pour être une métropole (Châteauroux et Chartres le savent bien). Il faut même une loi pour ça. Et elle est en ce moment dans les méandres du parlement. L’objectif : que la France compte une vingtaine de métropoles dont Tours mais aussi Orléans ou Dijon. Des agglomérations d’au moins 300 000 habitants et qui comptent tout autant d’emplois.

Sauf que ce projet n’est pas simple à faire passer au plus haut niveau de l’Etat. On se souvient qu’avant l’été, le secrétaire d’Etat chargé de l’aménagement du territoire Jean-Michel Baylet était venu à Tours et qu’il avait dit qu’à ce moment-là notre ville ne remplissait pas les conditions nécessaires. A Orléans la semaine dernière, il a dit l’inverse, convaincu notamment par l’union sacrée des élus sur ce dossier (droite et gauche réunis). « Je vous avais dit que je n’étais pas très inquiet. Ce n’est pas fait mais on est dans le plan de marche. » se félicite le député PS de Tours Jean-Patrick Gille. Il fanfaronne, car il faut bien dire que dans la presse, on avait fait part de notre scepticisme sur l’aboutissement de ce dossier.

On peut donc passer à l’étape suivante, celle de la loi. Ou plutôt d’un amendement à une loi sur le Grand Paris qui pourrait permettre à Tours, Orléans etc d’accéder au statut de métropole : « j’ai commencé à préparer le texte » expliquait ce lundi l’élu tourangeau qui rencontre Baylet ce mardi avec le groupe des députés de la majorité à 11h. Objectif : faire en sorte que le texte sur la métropole retoqué par le Sénat soit mis à l’ordre du jour de l’Assemblée. Un débat en commission des lois est ensuite prévu le 7 décembre avant un autre échange le 14 décembre en séance publique.

Si les députés votent oui, le texte sur le Grand Paris et les métropoles se retrouvera devant une commission mixte paritaire avec 7 députés et 7 sénateurs dont l’objectif sera de se mettre d’accord : « elle devrait échouer et alors la loi reviendra devant l’Assemblée » rappelle Jean-Patrick Gille. Et là, si ça passe, Tours aura bien le droit de devenir métropole. Ce dernier vote pourrait intervenir avant Noël ou au plus tard début 2017. En revanche on ignore encore la date de le transformation officielle de notre agglo (juillet ?). En attendant, elle deviendra donc une Communauté Urbaine au 1er janvier, ce qui signifie que des compétences comme la voirie ne seront plus directement traitées dans les mairies mais à Tour(s)Plus.

Olivier COLLET