Tours

Commerces, hôtels, logements : ce qui vous attend en haut de la Rue Nationale

En plus des deux Hilton, on peut déjà annoncer une grande épicerie, une boulangerie, un restaurant chic, une brasserie…

Derrière les palissades tagguées du Haut de la Rue Nationale de Tours, ce n’est encore qu’un vaste tas de gravats. Et depuis la fin des démolitions des premiers commerces cet été, il ne s’y passe plus grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. Et ce n’est pas cet hiver que ça va bouger. Les travaux ne débuteront qu’en mars, après l’inauguration du Centre de Création Contemporaine Olivier Debré situé juste à côté, histoire de ne pas gâcher les photos avec une grosse grue derrière.

C’est en tout cas comme ça qu’on nous a justifié ce retard dans le démarrage du chantier. Sachant que le CCCOD lui-même a été livré en retard (son inauguration était initialement prévue en octobre dernier). La conséquence, c’est que les premiers clients des deux futurs hôtels Hilton ne pourront pas se lover sous la couette avec vue sur Loire avant le printemps 2019, alors qu’à la base les établissements devaient ouvrir fin 2018. Mais bon, il parait que de tels délais sont « normaux » dans ce genre de projets. Et globalement, on ne nous laisse pas le choix.

Alors pour patienter sagement, à défaut de coups de pelleteuses, on a eu droit à des annonces ce vendredi histoire de commencer à imaginer à quoi allait ressembler ce nouveau pôle hôtelier et commercial « emblématique » de la ville de Tours selon son maire, Serge Babary. Tout le monde était là : le monsieur de la SDIC (Noël Lemaire) qui s’occupe de trouver des commerçants pour animer les 6 000m² des futurs magasins, le monsieur chargé de l’aménagement du site (Pascal Gomes, de la SET), le monsieur responsable de l’entreprise qui construit (Alain Riguidel, Eiffage) et le monsieur qui va exploiter les Hilton (Pascal Lemarchand, Naos). Si on rajoute le maire, ça fait beaucoup de messieurs, tout ça…

Donc là, normalement, vous piaffez d’impatience. Alors détaillons…

Commençons par les hôtels : à ma gauche, côté ouest à proximité du CCCOD et de la Rue du Commerce, ce sera l’hôtel Hilton 4 étoiles avec ses 100 chambres, mais pas de suites. Tout de même, dans la tour vitrée, les chambres feront jusqu’à 30m². On trouvera aussi un restaurant, un bar et des salles de séminaires « pour 4-5-6-10 personnes, l’idée n’étant pas de faire de la concurrence au Vinci. » Et même d’ailleurs, l’idée c’est de loger ceux qui vont faire leurs congrès au Vinci, à 3 stations de tram de là. Ah, au fait, il y aura aussi un espace fitness. En face, côté est, vers le Musée du Compagnonnage, l’hôtel 3 étoiles sera composé de 70 chambres. Au total, une centaine de personnes devraient travailler dans ces établissements qui seront semblables aux autres hôtels de la marque : « le cahier des charges est draconien » nous dit-on. Un décorateur sera spécialement engagé.

Au rez-de-chaussée de ces deux bâtiments de pierre noble dessinés par l’architecte Andrew Hobson, on trouvera des commerces. On l’a écrit juste au-dessus, c’est une société spécialisée qui cherche les futurs patronnes et patrons de boutiques… mais en accord avec la mairie. L’objectif : avoir un ensemble « premium ». Pas chic, pas bobo. Non, « premium ». Par exemple, la SDIC prévoit 3 restaurants : une brasserie où l’on devrait pouvoir se faire servir bien après 22h, un restaurant genre italien et « un restaurant étoilé »… enfin, si il a l’étoile (et on sait qu’en ce moment c’est difficile en Touraine…).

Quoi d’autre ? Une boulangerie, le projet d’un Tourangeau expatrié aux Etats-Unis et qui revient : « un vrai boulanger, avec une vraie pâtisserie. Tout sera fait sur place, avec une sandwicherie et une terrasse pour déjeuner sur place. Il fera aussi un peu de chocolaterie. » Et tout près, il y aura un supermarché de 1 000m². Ah, non, pardon : on est sur un site « premium » donc ce sera « La Grande Epicerie Tourangelle », en gros une inspiration des grandes épiceries fines parisiennes. Le projet est monté par le boss des Vival de la ville également à la tête de l’association de commerçants La Grande Avenue Tourangelle sur l’Avenue de Grammont (décidément, ce monsieur fait tout en grand).

Les responsables du projet insistent bien : « toutes les enseignes alimentaires étaient intéressées mais on a refusé. » Leur idée : pas question que de grandes chaînes déjà bien présentes en centre-ville et à fortiori Rue Nationale s’installent ici. Non, il faudra des commerces aux concepts « innovants et de qualité » mais, promis, « pas hors de prix. » Il semble qu’une dizaine de dossiers soient prêts à être validés par la ville (qui ne les examinera qu’en fin d’année ou en janvier) et que ce soient beaucoup d’acteurs locaux, y compris pour le « restaurant étoilé ». Au total, il devrait y avoir une centaine d’emplois créés ici (plus ceux des hôtels, donc presque 200).

« D’ici fin avril, une grande partie des locaux seront réservés » nous promet-on encore pour dissiper les derniers doutes que l’on pourrait avoir. Peut-être que le coiffeur Carpy qui est en face et dont les locaux sont voués à la démolition d’ici 2020 verra son projet accepté pour rester dans le quartier. En revanche le restaurant Les Farfadets est prié de revoir son concept (pour faire plus « premium », toujours) ou d’aller voir ailleurs (c’est dommage, c’est plutôt original et sympa comme cuisine, et la terrasse est agréable).

Ajoutons à cela que dans le bâtiment est il y aura un accès au Musée du Compagnonnage pour bien le mettre en valeur, et qu’au printemps, au moment du début du chantier des hôtels, la Maison du Projet, le bar et l’ancienne boutique de déco qui sont encore debout vont disparaître sous les coups des pelleteuses. Car là aussi il y aura des commerces et 45 logements… haut de gamme (ou premium, si vous voulez) du T2 au T4 avec une mise en vente sans doute à partir du printemps 2017 (le prix n’est pas connu mais ce ne sera pas du logement social). Si tout va bien, eux aussi devraient être achevés à l’horizon 2019.