Tours

Inondations à Tours : une stratégie au cas où

Les pistes d’actions ont été présentées en conseil communautaire ce lundi soir.

On l’a déjà évoqué à plusieurs reprises sur Info-Tours.fr, cette année, le Plan de Prévention des Risques d’Inondations (PPRI) a été révisé pour l’agglomération tourangelle. Un travail complexe qui crée de nouvelles règles afin de limiter les dégâts si la Loire où le Cher venait à déborder comme, par exemple, en 1866 ou - plus récemment - en juin dernier, même si l’agglo a été relativement épargnée. Parmi les décision : l’obligation de prévoir des constructions avec des pièces au-dessus du niveau de splus hautes eaux connues pour favoriser d’éventuelles évacuations. »

Ce lundi soir au conseil communautaire de Tour(s)Plus, les élus Jacques Chevtchenko et Jacques Le Tarnec ont fait un point afin que tout le monde sache où l’on en était : « en cas d’inondation, le Val de Tours mettrait plusieurs jours voire plusieurs semaines à se vider d’où l’importance de cette stratégie. Il ne faut pas avoir une confiance absolue dans la digue. Ce n’est parce qu’elle tient depuis un siècle et demi qu’elle ne peut pas lâcher demain » a noté Jacques Chevtchenko. Le fleuve royal et son affluent sont bordés de 74km de digues. « Le niveau de protection apparent n’est pas du tout le niveau de sûreté réelle. »

Cependant, les élus ne veulent pas que cette lutte contre les inondations bloque tous les projets, et notamment les chantiers : « une agglo qui se fige c’est une agglo qui meurt donc on va continuer à entretenir cette dynamique. L’objectif est de maintenir 130 000 habitants et 60 000 emplois. Mais il faut aussi agir sur les bâtiments et saisir les opérations de renouvellement pour réduire la vulnérabilité. Il faut de plus définir la place des activités stratégiques, la capacité d’intervention en cas de crise et surveiller les sites dangereux comme les 4 entreprises classées Seveso. » Un maillon essentiel car l’hôpital Bretonneau de Tours ou la caserne des pompiers de Tours Centre sont en plein milieu de la zone inondable. Mais il n’y a pas de réelle solution pour eux, sauf à engager des investissements démesurés.

Donc pour l’instant il faut faire avec le risque d’envahissement du coeur de Tours par les eaux (Velpeau, Beaujardin, St-Pierre-des-Corps...), et prévoir ce qu’il se passera si jamais cela arrive : « il est inenvisageable de laisser l’eau entrer dans le val sur des endroits fragiles. Des travaux sont d’ailleurs en cours comme le renforcement de la digue de la Loire entre St-Pierre-des-Corps et Montlouis-sur-Loire avec la pose d’une barrière étanche à l’intérieur même de la digue. » Il faut aussi envisager une attention particulière sur la digue du canal au niveau de l’autoroute A10 qui pose aussi un risque de rupture. Pour suivre le dossier, un comité de pilotage se réunit tous les quinze jours au sein de Tour(s)Plus. « On est au tout début de la réflexion qui amènera une action » nous dit-on.

En complment de cette démarche des institutions, les entreprises sont enfin invitées à faire établir des diagnostics de risques et engager d’éventuels travaux. Un état de slieux gratuit par l’Etablissement Public Loire qu’une trentaine de sociétés ont déjà sollicité.

O.C.