Tours

En plein automne, 13 jours sous les Soleils des Amériques

Un festival à l’ambition régionale portée par une association tourangelle qui vient en aide aux enfants du Pérou.

Avez-vous déjà entendu parler de la danse des ciseaux ? C’est une coutume péruvienne, entrée au patrimoine immatériel de l’Unesco, au même titre – donc – que le repas gastronomique des Français. A partir de lundi, un groupe de 6 artistes qui pratique cet art ancestral (des danseurs accompagnés d’un harpiste et d’un violoniste) sera en Touraine et en Centre-Val de Loire pour une série de représentations et de rencontres, dans le cadre de la seconde édition du festival Soleils des Amériques.

Cet événement est notamment porté par l’association tourangelle Yachachi. Établie à Semblançay, elle rassemble une cinquantaine de personnes dont un vingtaine de membres actifs et est présidée par Elisabeth Aliaga, qui l’a fondée il y a une dizaine d’années après le décès de son mari : « Yachachi c’était son patronyme en quechua, ça voulait dire ‘celui qui sait et enseigne’. » Avec des amis, l’ex-prof aujourd’hui retraitée s’est fixée comme objectif d’aider les enfants des Andes, dans la région très pauvre de Huancavelica, tout en œuvrant pour la diffusion de la culture amérindienne, « car pour bien aider, il faut comprendre et respecter les populations. »

Au départ, Elisabeth Aliaga faisait envoyer des conteneurs au Pérou. A cause des barrières douanières ou des vols, elle a renoncé à cette solution. Aujourd’hui, elle se rend en Amérique du Sud deux fois par an (ses prochains voyages sont prévus en mai et août 2017) afin d’assurer le suivi des aides et occasionner de nouveaux échanges (notamment entre des établissements scolaires péruviens et des jeunes Tourangeaux, comme le collège de Neuvy-le-Roi). Elle travaille ainsi avec deux écoles et un collège pour leur apporter des fournitures scolaires ou participer à leur équipement informatique, « dans l’objectif de les désenclaver grâce à Internet », le tout en contact avec le rectorat local dans le Andes.

Au Pérou, le principal contact d’Elisabeth Aliaga s’appelle Damian De La Cruz : « il est sur Lima mais est originaire des montagnes. C’est quelqu’un de très connu là-bas, car c’est l’un des derniers héritiers de la danse des ciseaux. » Une tradition que la Tourangelle veut donc faire partager sur les bords de Loire ces prochains jours au beau milieu d’un riche programme culturel (expositions, musique, photo…). « Jusqu’ici, tous les ans, on organisait quelque chose autour de Semblançay. Là, nous avons voulu travailler avec d’autres associations ou encore avec l’Université François Rabelais. 5 départements de la région sont concernés contre 3 l’an dernier, avec de nombreuses interventions en milieu scolaire ou une rencontre prévue avec les habitants du quartier du Sanitas de Tours. Ce que l’on veut c’est amener le public à déambuler, à faire des découvertes. »

En 2015, Soleils des Amériques avait rassemblé environ 1 300 personnes. Cette année, le festival a été soutenu par une opération de crowfounding ayant rapporté plus de 2 200€. Les festivités se poursuivront jusqu’au 19 novembre. Tout le programme est à découvrir en cliquant ici.

Olivier COLLET