Tours

L’emballante épicière des Halles

A 22 ans, elle vient d’ouvrir un commerce qui bannit les emballages.

Depuis un an et demi, Fanny Baranger (et son compagnon) ont entamé un changement de vie. D’une poubelle de 30l remplie toutes les semaines, ils sont passés à un sac à descendre dans le container une fois tous les 2-3 mois. Au-delà de la disparition d’une corvée loin d’être agréable pour le nez, la jeune femme a réussi à réaliser son objectif : produire le moins de déchets possible. Aujourd’hui c’est même devenu son activité à plein temps, au sein de sa boutique du 109 Rue des Halles à Tours (un ancien institut d’épilation).

Egalement à la tête d’une chaîne YouTube sur laquelle elle dispense ses conseils pour réduire le poids de sa poubelle (qui compte 2 500 abonnés), la jeune femme de 22 ans (seulement) vient d’ouvrir la première épicerie Day by Day de la région Centre-Val de Loire. Il s’agit d’une franchise spécialisée dans la vente de produits en vrac, un pari, même si la grande distribution dispose déjà de quelques rayons de ce genre pour acheter des produits sans emballage, « mais ça reste marginal. » En gros, chez Fanny, vous ne trouverez pas de paquet de gâteaux avec des sachets individuels, pas non plus de riz dans une boîte en carton ou de dentifrice dans un tube… En revanche, vous pourrez y acheter « tout ce dont vous avez besoin au quotidien », des pâtes au liquide vaisselle, du quinoa aux bonbons, de l’huile aux céréales du petit déjeuner, des légumes déshydratés au café.

« Au total je dois avoir à peu près 700 références dont 30% de produits bio et quelques-uns sans gluten aussi » résume Fanny Baranger en faisant le tour de son local accessible depuis une dizaine de jours. L’idéal, c’est donc de venir y faire ses courses avec ses bocaux. Mais sinon pas de panique : la commerçante donne des sacs en papier, ou alors vous pouvez emprunter des contenants sur place (pour les liquides, par exemple). Quant au dentifrice ou au shampoing ils sont… solides. « J’ai tout testé et je n’ai gardé que ce qui était vraiment efficace » indique la jeune femme satisfaite notamment de la lessive sans emballage ou du chocolat pâtissier. Et pas de panique pour la date limite de consommation : « comme ce ne sont que des produits secs, on a le temps. Et puis les gens achètent vraiment ce dont ils ont besoin ce qui évite le gaspillage. »

Côté prix, comptez 10€ le kilos de bonbons, 1€65 le kilo de coquillettes, 2€ le savon… « On est 5 à 30% moins cher » affirme Fanny qui soutient que la qualité des produits est comparable voir supérieure à celle des aliments que l’on trouve en grande surface. En revanche, pas de fruits et légumes frais, de viande ou de fromage : « mais il est tout à fait possible d’aller chez votre charcutier ou votre boulanger avec vos boîtes et de coller ensuite une étiquette dessus pour vous souvenir de ce qu’il y a dedans » explique la jeune entrepreneuse qui est désormais adepte de cette tactique.